La Tour Eiffel fermant plus tôt ou Dunkerque gagnant en popularité grâce à sa relative fraîcheur : face aux fortes chaleurs dont souffre l'Europe, les acteurs du tourisme en France cherchent à s'adapter, sans anticiper pour autant de coup de froid sur la fréquentation des sites. Du côté des hôteliers, la canicule modifie un peu la donne. "On a remarqué depuis quelque temps des réservations de dernière minute. Cela augmente avec cette météo", explique Valentin Prudon, président de l'Union des métiers de l'hôtellerie restauration (Umih) pour la Corrèze. La fraîcheur dans les établissements est devenue une préoccupation majeure, souligne ce gérant de l'hôtel Europa à Maussac. "C'est devenu un critère de choix pour nos clients", qu'il s'agisse de privilégier des destinations réputées plus froides ou "des établissements équipés de climatisation ou d'autres moyens de refroidissement".
La plateforme Hotels.com observe ainsi un changement dans les destinations prisées. Depuis le début de la seconde vague de chaleur, les recherches ont bondi en Normandie de 170% à Trouville et 150% à Dieppe, ou encore de 55% à Dunkerque.
Le soleil, malgré tout
Concernant les réservations cet été, les acteurs du tourisme n'anticipent pas de remise en cause de la fréquentation touristique ni de changement majeur. "Quand il fait très froid, les gens aiment aller au soleil. Mais quand il fait très chaud, ils aiment toujours aller au soleil", sourit Laurent Abitbol, président du directoire des agences de voyages Selectour. Ce dernier concède juste une petite baisse des voyages d'affaires actuellement en raison de la canicule. "Les épisodes caniculaires ponctuels ont généralement un effet limité sur les réservations déjà engagées, en particulier pour les clientèles internationales ou les long-courriers", abonde l'agence Choose Paris Région, qui promeut le tourisme en Ile-de-France. Du 15 au 19 juin par exemple, la fréquentation touristique à Paris et dans sa région a progressé de 21% par rapport à un an plus tôt. Mais la canicule peut avoir un effet plus visible sur les comportements de dernière minute et les excursions à la journée, précise l'agence.