Décryptage

Congrès Retis à Lille : «Il faut être un peu bankable pour réussir sa levée de fonds»

En marge du congrès Retis (Réseau français de l’innovation), qui s’est déroulé du 24 au 26 juin à Lille, et organisé par Eurasanté, s’est tenue une table ronde consacrée au financement des start-up. L’occasion de revenir sur les étapes clés et les conditions préalables pour réussir une levée de fonds.

Le rendez-vous était donné à l’école d’ingénieurs lilloise, Junia. Malgré la chaleur étouffante de la canicule qui sévit depuis quelques jours, nombreux sont celles et ceux qui ont bravé le thermomètre pour assister à l’échange concernant les enjeux de croissance et de financement d’une start-up. «Il faut d’abord être rentable et ensuite chercher à se développer», introduit Nicolas Blanquet, co-fondateur d’Ackomas. Pour lui, comme pour les autres interlocuteurs présents, le meilleur financement est celui généré par l'activité elle-même.

La nécessité de conclure une première traction commerciale

«Au moment de notre création, on a démarré avec un nouveau client sur un projet spécifique, poursuit-il. Nous avons ainsi réalisé du chiffre d'affaires en direct avant même d'aller vers des financeurs». Guillaume Bruniaux, directeur de Nord France Amorçage, fonds d'investissement de la Région Hauts-de-France, abonde. «En tant qu'investisseur, nous allons nous intéresser à la problématique soulevée et la réponse apportée. Nous allons évaluer un potentiel de marché et pour ce faire, nous demandons une première traction commerciale. C'est important que le marché valide la technologie même si elle n'est pas encore définitive», explique-t-il.

Le timing est un autre élément clé à prendre en compte. «Une levée de fonds n'est pas un point de départ, rappelle Guillaume Bruniaux, mais une accélération. Le financement se structure étape par étape.»

Plusieurs erreurs à éviter

La levée de fonds est donc synonyme de montée en puissance. Parmi les erreurs les plus fréquentes observées lors de cette montée, Clara Miraillié, déléguée innovation chez BpiFrance, liste : «Il peut y avoir une inadéquation entre le projet, et ce quelle que soit sa promesse, et le marché et ses besoins, prévient-elle. Le manque de complémentarité entre les équipes est un autre point de vigilance car on observe parfois des profils trop techniques ou pas assez gestionnaires ou encore qui manquent d'ambition.»

Enfin, un autre point d'écueil est également soulevé : la notion de pilotage en fonds propres. Clara Miraillié insiste sur le fait qu'il faut se donner les moyens de participer au capital et ainsi montrer aux investisseurs que l'entrepreneur prend part au risque. «Une levée de fonds est un jeu de séduction, conclut Clara Revel, manager incubateur et accélérateur chez Innov'a. On ne va pas voir un fonds d'investissement lorsqu'il ne nous reste que deux à trois mois de trésorerie. Il faut être un peu bankable.»