Interview

FC Metz en 1998 : un livre à paraître ce 15 septembre retrace la folle épopée des Grenats

Metz qui frôle le titre de champion de France : c’était il y a trente ans déjà. Une saison définitivement à part dans l’histoire du FC Metz et un prétexte idéal pour la parution d’un livre, FC Metz 1998. L’ivresse quand même, aux Éditions des Paraiges. À  quelques jours de sa sortie et du jubilé Pirès, rencontre avec son auteur, le journaliste Pierre Théobald.

© Adeline Bouillet. Pour l’auteur Pierre Théobald, «l’engouement autour de cette saison 98 reste incroyable, une époque définitivement à part dans l’histoire du FC Metz».

© Adeline Bouillet. Pour l’auteur Pierre Théobald, «l’engouement autour de cette saison 98 reste incroyable, une époque définitivement à part dans l’histoire du FC Metz».

En quoi vous atteler à cet ouvrage vous semblait évident ?

Je me passionne pour l’âge d’or du FC Metz depuis l’enfance. À 50 balais, ça fait du bien de dépiauter les souvenirs, de retrouver les posters dans la chambre, les cahiers de textes avec les photos de Calderaro ou Asanovic. Gamin, je préférais largement Téléfoot à Récré A2. Kastendeuch, c’était X-Or pour moi. 

Et 1998, c’est l’apothéose de toute cette époque. Pour la légende, tant mieux, finalement, si Metz n’est pas champion cette année-là. Il y a quelque chose de plus beau dans l’échec. Comme Saint-Étienne en 1976 et ses poteaux carrés. Comme Séville 82. Les histoires qui blessent laissent souvent une empreinte plus romanesque que celles qui finissent bien.

Ce livre contient beaucoup de témoignages et d’anecdotes inédites. Qui y sera mis en lumière ?

Dès le départ, j’ai choisi de privilégier la parole des joueurs. Pour approcher autant que possible la vérité de ce qui s’est joué entre eux, sur le terrain mais aussi en dehors. 

Les chapitres sont entrecoupés de portraits intimistes des onze titulaires. Je m’attarde également sur quelques «remplaçants», comme Cyril Serredszum ou Grégory Proment. 

Au-delà du jeu proposé et des résultats, c’est d’abord l’histoire humaine qui m’intéressait. 

Sur le papier, ce groupe n’avait rien pour s’entendre. D’un côté, il y avait le clan des moines-soldats, principalement les défenseurs. Des types extrêmement rigoureux sur le travail et l’hygiène de vie. Sylvain Kastendeuch, par exemple, ne négociait pas avec ses dix heures de sommeil. De l’autre, il y avait les joueurs à vocation offensive, plus déconneurs. Entre eux, tout a parfaitement fonctionné. Sur le terrain, un Kastendeuch et un Meyrieu faisaient chacun le job à leur manière. Kastendeuch se couchait à 22 heures, au moment où Meyrieu démarrait sa soirée. Et ça marchait.

Que restait-il à faire découvrir sur cette saison 98 ?

Tout ce que l’on a oublié. On se souvient surtout que Metz a perdu le titre face à Lens à domicile. Beaucoup moins que le club a été champion d’automne, qu’il a occupé seize fois la tête du championnat en 34 journées ou qu’il a maté tous les «gros» de l’époque : Marseille, le Paris-SG, Monaco, Bordeaux. 

On a peut-être oublié aussi que Carlo Molinari s’est pris la tête avec Robert Pirès en pleine saison, alors que le Real Madrid faisait une cour assidue au joueur. Que Danny Boffin était considéré comme un joueur «cramé» avant de signer à Metz. Que Frédéric Meyrieu, recruté en Suisse, était un peu tombé dans l’oubli avant d’illuminer cette saison. Jocelyn Blanchard, lui, n’aurait théoriquement jamais dû finir la saison à Metz : dès décembre 1997, la Juventus lui mettait la pression pour qu’il signe. Mais, comme il le dit lui-même : «À l’époque, on commençait une saison dans un club. Et on la finissait dans le même club». 

On a oublié que Rigobert Song avait les yeux en étoile lors de ses premières sorties d’après-match au Tiffany et que Joël Muller avait promis une caisse de bouteilles de mirabelle à Guy Roux si Auxerre battait Lens lors de la dernière journée, ce qui aurait tout changé. Toutes ces minuscules histoires dans la grande histoire.

FC Metz 1998. L’ivresse quand même. Éditions des Paraiges. 230 pages. 20 euros. Préface de Philippe Hinschberger.