La troisième édition du festival Des mets et des mots, organisée à la Cité internationale de la langue française à Villers-Cotterêts, aura pour la première fois eu un accent économique prononcé. Avec ce tout nouveau «rendez-vous de l'éco», vendredi 29 mai, les organisateurs du festival ont souhaité démontrer que «la culture francophone peut amener à l'économie et à l'attractivité», dixit Paul Rondin, directeur du festival et de la Cité. «Nous avons des marques et des savoir-faire magnifiques ici et il faut se lancer, y aller pour que ça fonctionne, dit-il. Il faut aussi assumer cette langue qui est sublime et qui est en soi une belle marque, qui permet de nous différencier d'une uniformisation ou d'une allégeance à une langue unique qui a recouvert linguistiquement le monde entier».
Les enjeux économiques de la francophonie ont été exposés une matinée durant, à travers le retour d'expérience de celles et ceux qui y ont projeté leurs entreprises. Maxime Holder, directeur général du groupe Holder qui comprend notamment l'enseigne de boulangerie Paul, née à Lille, a ainsi rappelé l'importance de ce marché francophone pour son groupe, présent dans 58 pays et possédant près de 1 000 emplacements. Par ailleurs président de CCI international, il s'est réjouit que cette édition s'enrichisse d'un volet économique, rappelant que la chambre est un acteur opérationnel qui aide chaque année 1300 entreprises par un accompagnement spécifique.
L'espace francophone représente 15% du PIB mondial et 20% du commerce international
Lors de cette matinée, l'importance de la francophonie au niveau économique a été soulignée. Ainsi, ce sont 20 milliards d'euros d'exportations françaises qui sont réalisées chaque année vers les pays francophones. Et 24% de ces exportations concerne des produits agricoles (céréales, produits laitiers, vins), un chiffre important et qui peut susciter de l'enthousiasme en Hauts-de-France, une région bien placée dans les domaines agricole et agro-alimentaire. L'espace francophone représente 15% du PIB mondial et 20% du commerce international.
Des acteurs comme Business France et BPI France ont expliqué aux entrepreneurs présents les dispositifs existants pour accompagner aussi bien les TPE, les PME ou les plus grandes entreprises dans leur développement à l'étranger et notamment au sein de l'espace francophone. L'assurance prospection instaurée par BPI France couvre ainsi à hauteur de 50% ou de 65% les dépenses engagées dans le cadre d'une prospection sur de nouveaux marchés export et propose un soutien en trésorerie immédiat et une assurance contre le risque d’échec des démarches de prospection.
Retours d'expériences et pratiques concrètes ont alimenté les débats toute la matinée avant qu'elle ne soit conclue par l'intervention d'Olivia Grégoire, ancienne ministre déléguée chargée des PME, du commerce, de l'artisanat et du tourisme. Ce rendez-vous éco des Mets et des mots, en appelle sûrement d'autres et a permis aux entreprises présentes d'échanger avec les autres acteurs économiques du territoire.