Le premier trimestre 2026 s’ouvre dans un climat morose pour les entreprises de Meurthe-et-Moselle. Le volume d’heures rémunérées par le secteur privé y chute lourdement de 1,6% sur un an. Le département partage ce repli avec la Moselle, les Vosges et la Haute-Marne, tandis que la Meuse et la Marne affichent une baisse plus modérée.
Ce ralentissement, provoqué par la crise de l’industrie et du bâtiment, touche l'ensemble de la région Grand Est. Cependant, le département démontre une forte résilience grâce à une accélération des créations d'entreprises.
L'emploi salarié et le volume de travail sous forte tension
En parallèle, l’emploi salarié recule de 0,2% sur le trimestre en Meurthe-et-Moselle, une tendance identique à celle de la Moselle et du Bas-Rhin, mais moins prononcée que dans les Vosges et le Haut-Rhin (-0,5%). Ce sont principalement les secteurs de la construction (-2,3% d'heures rémunérées au niveau régional) et de l'industrie manufacturière qui détruisent des postes, pénalisés par un recours massif à la baisse des contrats d'intérim (-1%).
Un chômage stabilisé et un boom de l'esprit d'entreprise
Face à cette érosion industrielle, le marché de l'emploi local affiche une trajectoire singulière. Contrairement à la Moselle, au Bas-Rhin et au Haut-Rhin qui subissent une hausse de 0,2 point de leur chômage, la Meurthe-et-Moselle parvient à stabiliser son taux. Le département reste ainsi éloigné de la dégradation observée à Forbach ou dans les Ardennes, où le chômage franchit la barre critique des 10%.
Cette relative résistance s'explique par la vitalité de l'entrepreneuriat. Le Grand Est enregistre un bond exceptionnel de +13,5% des créations d'entreprises en glissement annuel, totalisant plus de 18 500 nouvelles immatriculations. La Meurthe-et-Moselle se positionne en moteur de cette dynamique, portée par le secteur des services marchands et des activités scientifiques.