En bref

Haropa Port : les députés proposent d’étendre le modèle Le Havre-Rouen-Paris

Le 7 juillet dernier, un rapport parlementaire présenté à l'Assemblée nationale a dévoilé 40 propositions pour redonner de la compétitivité aux ports français face à la concurrence européenne, érigeant le modèle d'Haropa Port en Seine-Maritime comme la solution pour reconquérir les parts de marché perdues.

© Haropa Port

© Haropa Port

Face au déclin des ports français, dont la part de marché européenne est tombée de 18 à 12 % entre 1990 et 2024, les députés Agnès Firmin Le Bodo et Matthias Renault prônent une réorganisation logistique majeure. 

En Seine-Maritime, la fusion d’Haropa Port (Le Havre, Rouen, Paris) initiée en 2021 fait figure de réussite avec une part de marché passée de 8 à 8,8 % en quatre ans. Le rapport s’en inspire directement pour suggérer le regroupement d'autres places fortes comme Bordeaux, La Rochelle et Nantes-Saint-Nazaire sur la façade Atlantique. L'objectif est de mettre fin à la fragmentation de la gouvernance pour mieux rivaliser avec les terminaux de Rotterdam ou d'Anvers.

Des zones stratégiques pour ancrer l'industrie locale

Pour renforcer l'hinterland (la connexion avec l'intérieur des terres), le texte préconise de structurer le pays en trois grands corridors : la Seine, le Nord (Dunkerque) et la Méditerranée (Marseille). Pour le territoire haut-normand, cela implique une amélioration massive des dessertes ferroviaires et fluviales afin de stopper l'évasion des marchandises. Les députés demandent aussi une loi de programmation financière et la création de "zones portuaires d’intérêt stratégique". Ces espaces, calqués sur les ports francs britanniques, associeront simplifications administratives et allègements fiscaux pour attirer de nouveaux investissements industriels au cœur des terminaux séquaniens.

La mise en œuvre de ces mesures à l'échelle nationale permettra de sceller durablement l'avenir industriel et logistique de la vallée de la Seine.