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Territoires

Le Florain, cette monnaie vertueuse…

Faire émerger et circuler une monnaie locale complémentaire à l’euro à l’échelon lorrain : c’est l’objectif du Florain, La récente convention signée entre la Ville de Nancy et l’association qui porte ce projet solidaire fait avancer le process.

Lors de la signature de la convention. © Laurent Siatka.
Lors de la signature de la convention. © Laurent Siatka.

La salle Poirel a servi d’écrin à la signature d’une convention de partenariat entre la Ville de Nancy et l’association Le Florain. La collectivité locale était représentée par Charles Thomassin, conseiller municipal délégué à l’économie solidaire, la monnaie locale et la vie étudiante, et Samuel Colin et Mélissande Gilot-Margot, pour l’association. Il s’agissait là d’acter le paiement possible en Florains dans trois régies de la ville, à savoir, le bar de l’espace Poirel, les bibliothèques municipales (pour les extérieurs de Nancy, elles sont gratuites pour les Nancéiens) et l’abonnement de stationnement résident. Le Florain est la Monnaie Locale Citoyenne et Complémentaire à l’euro (MLCC) qui circule dans une partie de la Lorraine. Elle permet des échanges monétaires entre citoyens, entreprises, associations, collectivités. Le Florain est géré par l’association éponyme qui fédère toutes les personnes et structures qui l’utilisent. Une équipe de bénévoles et salariées l’animent au quotidien.

Aller vers le mieux

Comme il a été rappelé, «les entreprises et associations acceptant le Florain partagent les valeurs autour du lien social, de la solidarité, de l’écologie, de la culture...». En somme, une forme d’économie sociale et solidaire appliquée localement dans un esprit de démocratie participative. Selon les mots entendus «il s’agit de s’engager en allant vers le mieux». Concrètement, quand le consommateur dépense ses Florains, le commerce qui les encaisse est encouragé à trouver un fournisseur auprès de qui les réutiliser, qui cherchera à son tour à les réinjecter dans le réseau. Une chaîne vertueuse coconstruite qui se veut une alternative à une économie ne reposant que sur la compétition. En somme, la démarche invite chacun à se réapproprier ce bien commun qu’est la monnaie.

250 acteurs professionnels impliqués

Pour l’heure, 250 acteurs professionnels sont impliqués : commerces alimentaires, maraîchers, producteurs, traiteurs, restaurants, artisans, sociétés de services, boutiques de vêtements, cinémas, théâtres, recycleries, parcs de loisirs. À Nancy, Toul, Malzéville, Pont-à-Mousson, Lunéville, Vandœuvre-lès-Nancy, Jarville, Dombasle, Tantonville, Badonviller. Mais aussi en Meuse et dans les Vosges. Le département de la Meurthe-et-Moselle est aussi de la partie. Depuis son lancement en 2017, le Florain quelque 400 particuliers adhérents, 8 comptoirs de change, 1 000 Florains de plus par semaine dans le circuit. Le Florain équivaut à un euro, avec des billets de 1, 2, 5, 10 et 20 Florains ou en version numérique sur smartphone. Il y a huit ans, 12 000 Florains étaient en circulation. On en compte actuellement plus de 200 000. À terme, ce sont d’autres services, des piscines, des musées, dans d’autres villes qui pourraient s’ouvrir au Florain. La législation actuelle est assez contraignante pour évoluer davantage. Mais, la volonté ne manque pas. Selon l’adage, les petits ruisseaux font les grandes rivières.