Entreprises
Nadège Risse, présidente de la CPME Moselle, alerte sur un chaos entrepreneurial
Dans un contexte hexagonal proche d'un tsunami politique, la présidente de la CPME 57, Nadège Risse, alerte sur les conséquences socio-économiques de cette incurie durable. Elle vient d’adresser un courrier aux parlementaires du territoire.

Rarement rentrée n’a été aussi incertaine. C'est un doux euphémisme que de l'écrire. La période estivale qui vient de s’écouler n’a en rien allégé l’atmosphère lourde qui pèse sur notre pays depuis belle lurette maintenant. Un exécutif exsangue, une dette qui grossit chaque jour un peu plus, un pays sans cap ni boussole. Et l’ombre du FMI qui commence à sérieusement planer au dessus de nos têtes et de notre destin commun. Pas de doute, la potion sera amère, pour chacun d’entre nous. Les entreprises ne seront pas épargnées. Elles paient déjà un lourd tribut à ces temps incertains. La météo économique est à l’orage. Nombre de voyants passent à l’orange vif dans le meilleur des cas. Où allons-nous collectivement ? C’est dans ce contexte que la présidente de la CPME Moselle, Nadège Risse, alerte sur une réalité économique préoccupante : la hausse du nombre de chefs d’entreprise en situation de perte d’emploi. Cette crise silencieuse fragilise les entrepreneurs, les territoires. Un poison lent.
«La rentrée politique doit être exemplaire. Les chefs d'entreprise ne peuvent plus être les oubliés de la République».
Érosion de l'entrepreneuriat
Selon
l’Observatoire de l’emploi et des entrepreneurs publié le 27
août par GSC et Altares, 31 260 dirigeants ont perdu leur emploi au
premier semestre 2025, soit plus de 170 chefs d’entreprise par
jour. Ce chiffre, en hausse de 4,3% par rapport à 2024, concerne des
entrepreneurs expérimentés, à la tête d’entreprises de plus de
dix ans, dans des secteurs clés comme le commerce, la construction…
Ces deux secteurs concentrent à eux seuls près de la moitié des
pertes. Nadège Risse constate : «Ces
chiffres ne sont pas abstraits. Ils traduisent des vies brisées, des
territoires affaiblies, une perte de savoir-faire qui impacte
durablement notre économie locale et nationale. Nous n’avons plus
le luxe de l’attentisme». Elle
appelle «les
élus à prendre leurs responsabilités et à cesser de fragiliser un
tissu entrepreneurial qui ne demande qu’à se relever».
Nadège Risse demande «une
politique économique, claire, stable, lisible ; des dispositifs de
soutien et de rebond pour les dirigeants en difficulté ; une
simplification administrative et fiscale réelle, une valorisation du
rôle des TPE-PME dans la relance territoriale». De
conclure : «La
CPME Moselle ne peut plus rester spectatrice d’une lente érosion
de l’entrepreneuriat».