Depuis son origine, 123 Pare-Brise mise sur une stratégie payante : un «service six étoiles pour les clients» et un réseau de succursalistes – «le seul en France» précise Ludovic Vaesken – et non de franchises, qui permet une qualité de service égale d'un centre à un autre. Mais aussi une stratégie assumée : la non-diversification. «Nous sommes sur une mono-activité : le vitrage sur véhicules roulants» ; à savoir le remplacement et la réparation de pare-brise, le calibrage de caméra, le remplacement de lunette arrière, de vitre latérale, etc.
Fondée à Lille il y a 10 ans sous le nom d'Auto Management Services, développée depuis six ans sous la marque 123 Pare-Brise, l'entreprise compte aujourd'hui 1 200 collaborateurs dont 560 dans les Hauts-de-France. «Nous avons ouvert 35 centres en 2025, soit une moyenne de trois par mois» détaille Ludovic Vaesken. Fin 2025, l'entreprise est arrivée en Ile-de-France, unique région sur laquelle elle n'était jusqu'alors pas présente. L'objectif est clair : atteindre 200 agences d'ici fin 2026 (contre 173 aujourd'hui). Pour accompagner cette croissance, l'enseigne a créé son propre centre de formation, à Bourgoin-Jallieu, qui permet de former en un an de nouvelles recrues aux métiers du vitrage automobile, à travers le Certificat de Qualification Professionnelle (CQP), jusqu'alors uniquement délivré par son concurrent, Carglass. «Avec 221 heures de formation, durant six mois, on forme des professionnels dès leur arrivée. Et ensuite, tout au long de leur parcours» complète-t-il.
Ouverture au marché des entreprises
En novembre dernier, 123 Pare-Brise s'est aussi ouvert au marché des professionnels : «Nous avons développé un partenariat exclusif avec Feu Vert sur les régions Normandie, Pays de la Loire, Auvergne-Rhône-Alpes et les Hauts-de-France» poursuit-il. L'ambition est claire : être l'alternative au leader du marché. Et avec l'entrée du groupe suédois Cary, l'un des leaders européens du vitrage automobile à son capital (à hauteur de 51%), l'entreprise nordiste voit les choses en grand : «Notre objectif, c'est d'ouvrir rapidement d'autres agences sur l'ensemble du territoire et d'être une véritable alternative au leader». Depuis son siège régional de Marquette-lez-Lille – qui compte une centaine de collaborateurs –, 123 Pare-Brise affiche un chiffre d'affaires de 150 millions d'euros, en «croissance soutenue depuis 18 mois», même si Ludovic Vaesken ne voit pas le chiffre comme un objectif en soi, pour insister : «Aucun cas de fraude n'a été recensé depuis cinq ans. Chaque collaborateur signe une charte éthique. On ne va pas changer un pare-brise s'il n'y a pas lieu de le faire.» Un positionnement assumé sur un marché très concurrentiel – on compterait en France plus de 2 000 marques déposées – mais en décroissance avec des voitures qui roulent moins, mais aussi moins vite et donc... moins sujettes aux pare-brises fissurés.