En bref

15 ans de réclusion pour l'élève coupable d'avoir tué l'enseignante Agnès Lassalle

Il avait poignardé son enseignante en plein cours, en 2023 à Saint-Jean-de-Luz: l'ancien élève a été condamné vendredi à 15 ans de réclusion criminelle pour l'assassinat d'Agnès Lassalle, la cour d'assises des mineurs des Pyrénées-Atlatniques ayant retenu...
Le compagnon d'Agnès Lassalle, Stéphane Voirin, parle à des avocats au tribunal de Pau, le 21 avril 2026 © Gaizka IROZ

Le compagnon d'Agnès Lassalle, Stéphane Voirin, parle à des avocats au tribunal de Pau, le 21 avril 2026 © Gaizka IROZ

Il avait poignardé son enseignante en plein cours, en 2023 à Saint-Jean-de-Luz: l'ancien élève a été condamné vendredi à 15 ans de réclusion criminelle pour l'assassinat d'Agnès Lassalle, la cour d'assises des mineurs des Pyrénées-Atlatniques ayant retenu l'altération du discernement au moment des faits. 

Après quatre jours de procès à huis clos à Pau et trois heures de délibéré, la cour a jugé l'accusé, aujourd'hui âgé de 19 ans, coupable de l'assassinat de sa professeure d'espagnol. Elle a prononcé une peine légèrement inférieure à celle requise par l'avocate générale, qui avait demandé 16 ans de réclusion.

Si elle a bien retenu une "altération" de son discernement, susceptible de réduire la durée de la peine, la cour a estimé que cette peine de 15 années de réclusion était adaptée au regard notamment de la "gravité incontestable" des faits, commis sur une enseignante "dévouée et investie" en plein cours et devant les autres élèves.

Le 22 février 2023, Agnès Lassalle, 53 ans, qui enseignait l'espagnol au collège-lycée privé catholique Saint-Thomas d'Aquin à Saint-Jean-de-Luz, avait été poignardée mortellement dans sa classe.

Tandis que le cours touchait à sa fin, l'élève alors âgé de 16 ans s'était levé pour aller verrouiller la porte de la salle puis frapper la victime au niveau du cœur avec la lame de 18 centimètres d'un couteau de cuisine, pris la veille chez son père et apporté dans son sac.

 

Sidération

 

La cour a mis en avant le préjudice particulièrement important pour les proches et la communauté éducative, avec une "sidération" encore présente trois ans après.

Elle a aussi évoqué une "prise de conscience modérée" de l'accusé, sans "véritable réflexion sur son passage à l'acte", disant craindre "un risque de récidive prégnant" avec une dangerosité encore importante.

La peine est assortie d'un suivi socio-judiciaire pendant 10 ans, comprenant notamment une injonction de soins. Le discernement et la santé psychiatrique de l'adolescent ont été au coeur des débats tenus à huis clos pendant quatre jours, au gré d'auditions d'experts pyschiatres aux conclusions différentes. 

Stéphane Voirin, compagnon d'Agnès Lassalle qui lui avait rendu un hommage émouvant en dansant, seul, près de son cercueil lors des obsèques, s'est dit "apaisé" par le verdict. Il a aussi eu un mot pour les parents de l'accusé, dont la mère s'est effondrée en larmes au prononcé de la décision, soutenu par son ancien compagnon. 

"On est tous parents et ça va être très dur pour eux aussi", a déclaré Stéphane Voirin. 

 

La justice est passée

 

"La justice est passée", a réagi de son côté Me Thierry Sagardoytho, avocat du jeune homme, le décrivant comme conscient "des efforts et des soins" à poursuivre "qui lui permettront d'envisager un retour dans la société". 

Annonçant que son client ne ferait pas appel, l'avocat a dit espérer que ce procès serve de "leçon", permettant de porter une "attention particulière" à la prise en charge des adolescents souffrants de troubles psychiatriques, qui passent "en-dessous des radars".  

Suivi pour une dépression grave et sous traitement après une tentative de suicide en novembre 2022, l'accusé avait expliqué notamment qu'une "petite voix" l'aurait incité à "faire le mal". 

Agnès Lassalle "n'était pas la cible numéro un, il n'y a pas de mobile dans ce geste", avait commenté, à l'issue de sa plaidoirie, l'avocat du jeune homme.

La mort de l'enseignante avait secoué la communauté éducative. Une minute de silence avait été observée le lendemain dans les établissements scolaires du pays.

Son meurtre était survenu un peu plus de deux ans après l'assassinat de Samuel Paty. Huit mois plus tard, un autre professeur, Dominique Bernard, avait été poignardé à mort devant son collège-lycée par un ancien élève fiché pour radicalisation islamiste.

L'AFP a recensé une dizaine de meurtres de professeurs depuis une quarantaine d'années dans le cadre de leur fonction.