Le 21 mai prochain, les travaux du barrage-réservoir de Panthier, située sur les communes de Vandenesse-en-Auxois, Créancey et Commarin, débuteront. Ce chantier, visant à moderniser et réhabiliter cet ouvrage, est porté par Voies Navigables de France (VNF) qui y voit un enjeu économique et touristique. «Ce chantier garantira aussi le maintien des activités locales à long terme et sécurisera la saison grâce à un niveau d’eau plus élevé» explique Lionel Vuittenez, directeur territorial de VNF Centre-Bourgogne. Avec le soutien du conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté et du département de la Côte-d’Or, l’État, via son opérateur VNF, engage un budget de 15 millions d’euros pour financer ces travaux.
Un patrimoine à préserver
Construit il y a 200 ans pour alimenter les voies d’eau, assurant un stock d’eau disponible en cas de nécessité, le barrage-réservoir de Panthier sert aussi à d’autres activités. «C’est un ouvrage hydraulique essentiel pour le canal de Bourgogne, sur le tronçon stratégique entre Vandenesse-en-Auxois et Saint-Jean-de-Losne» souligne Jérôme Durain, président du conseil régional.
Le barrage-réservoir est ainsi le garant indispensable de la navigabilité et donc du tourisme fluvial. Par ailleurs, de nombreuses activités sont liées à son plan d’eau. «On estime à 13,3 millions d’euros les retombées directes et indirectes liées au barrage et aux activités du canal. Enfin, c’est un sanctuaire de biodiversité remarquable» poursuit Jérôme Durain.
Les travaux répondent à une obligation réglementaire pour assurer la longévité de ce patrimoine en renforçant la stabilité de la digue. L'opération a nécessité de vider le réservoir, et ce pour une année. «En parallèle, nous allons moderniser l’ouvrage et les instruments» complète le directeur de VNF. Après les travaux, le barrage-réservoir de Panthier, retrouvera sa cote d'exploitation initiale à 14,03 mètres (actuellement à 13,03 mètres). De quoi gagner un million de mètres cubes en capacité et limiter les prélèvements nécessaires à l’alimentation du canal dans le barrage tout proche de Grosbois.
Pour répondre au mieux aux crues et inondations, l’évacuateur de crue sera redimensionné. L’ouvrage supportera ainsi une crue millénaire. «Le barrage n’a pas vocation à retenir ces crues mais à les laisser passer de façon transparente. Il doit stocker l’eau hivernale pour la rendre ensuite au territoire quand il en a besoin» détaille Lionel Vuittenez.
Des travaux anticipés
Pendant les travaux, les activités de navigation sur la portion Saint-Jean-de-Losne – Vandenesse-en-Auxois ne seront plus garanties. «Nous avons créé des itinéraires bis, avec un détour d’environ 45 minutes, pour visiter d’autres choses» rebondit Spencer Hayes, dirigeant d’une société de péniches-hôtels qui sillonnent le canal. Le responsable est serein sur le déroulement de cette opération d'envergure. «En 2027, nous devrions revenir à nos itinéraires habituels, même si nous savons qu’il peut y avoir des imprévus sur un chantier de cette ampleur ou à cause de la météo » conclut-il.
Pour Aletheia Press, Nadège Hubert
VNF gère 1 000 kilomètres de voies d'eau en Bourgogne-Franche-Comté
Établissement public, VNF a la charge de gérer le domaine public fluvial, soit 1 000 kilomètres en Centre-Bourgogne autour de neuf voies d’eau, dont le canal de Bourgogne. «Cela consiste à exploiter la voie d’eau, assurer le passage des bateaux, entretenir le réseau, que ce soient les écluses, les berges ou les barrages-réservoirs» détaille Lionel Vuittenez, directeur territorial de VNF Centre-Bourgogne.