En bref

À Amiens, 60 jeunes rendent hommage à Marc Bloch avant sa panthéonisation

Le 23 mars, 60 élèves de Louis Thuillier, Édouard Gand, Édouard Branly et de l’école des Violettes ont rendu hommage à Marc Bloch. L’historien et résistant, qui a été professeur à Amiens entre 1913 et 1914 puis en 1919, entrera au Panthéon en juin prochain.

Le 16 juin 2026, 82 ans jour pour jour après avoir été exécuté par les nazis avec 28 de ses camarades, Marc Bloch entrera au Panthéon. Avant cet hommage national, une plaque commémorant son passage comme professeur à Amiens a été dévoilée le 23 mars au lycée Louis-Thuillier, héritier administratif de l’établissement de garçons où il a enseigné. Cette cérémonie s’est déroulée en présence de sa petite-fille, Suzette Bloch. «Je voulais vous dire que je suis vraiment contente d’être là, face à vos jeunes visages attentifs, à vos yeux brillants et à votre envie de savoir», dit-elle devant les élèves de la cité scolaire.

Tous ont découvert celui qui a «bouleversé la conception de l’histoire en en faisant une science totale» quelques semaines auparavant, grâce au professeur Louis Teyssedou. «L’Office national des combattants et des victimes de guerre a lancé un appel à projets à l’occasion de la panthéonisation de Marc Bloch. Je me souvenais qu’il avait enseigné à Amiens entre 1913 et 1914, puis après sa démobilisation en 1919. C’était un bon point de départ pour faire enquêter les élèves», explique l'enseignant.

Une cérémonie et des affiches

Si les élèves de terminale et de classe préparatoire de Louis Thuillier ont découvert Marc Bloch par le biais «scientifique», les élèves de bac pro animation d’Édouard Gand ont travaillé l’éloquence en s’emparant des textes de l’historien et résistant. Ils ont également encadré une classe de l’école des Violettes, chargée de chanter la Marseillaise lors de la cérémonie. Une vingtaine d’étudiants de la promotion du Diplôme national des métiers d’art et du design (DNMADE), mention graphisme, d’Édouard Branly a, quant à elle, imaginé des affiches représentant la figure de Marc Bloch. Ces dernières seront exposées sur les grilles de la préfecture au mois de juin.

«C’est une façon de les rendre acteurs, et aussi qu’ils s’approprient l’histoire de leur ville, des espaces dans lesquels ils évoluent quotidiennement» note Louis Teyssedou, pour qui le fait de poser une plaque permet de «matérialiser les choses». «Je veux vous faire part de toute mon admiration. Vous êtes notre futur et je pense que vous avez compris ce qui guidait la vie de Marc Bloch, à savoir l’importance du savoir, de la raison critique, de l’engagement et de l’amour de la vérité», les félicite Suzette Bloch.

Une approche professionnelle

Au-delà de sa dimension mémorielle, ce travail a également permis aux étudiants de se rapprocher de leur future vie professionnelle. «Il a fallu répondre à l’appel à projets rapidement, respecter un cahier des charges… comme dans la vraie vie» souligne Louis Teyssedou. Pour la création des visuels, outre l’image de Marc Bloch, les étudiants en graphisme ont dû prendre en compte le caractère très républicain de l’événement, à travers la typographie ou les couleurs utilisées. C’est finalement la proposition de Valentine Tarbat qui a remporté tous les suffrages. «J’ai ciblé la gravure, puisque je trouve que c’est une technique qui a déjà été très utilisée dans le graphisme militant pendant la Résistance. Je voulais vraiment ancrer cette figure dans l’histoire et dans les mémoires», détaille-t-elle. En plus de l’impression d’affiches et de tote bags, sa création pourrait être réutilisée pour d’autres supports de communication, notamment lors de conférences.

Pour Aletheia Press, Diane La Phung