A Biscarrosse, une partie de la promenade s'est effondrée avec la tempête
A Biscarrosse, station prisée de la côte landaise fortement touchée par l'érosion, il ne reste plus grand-chose lundi de la promenade qui surplombe les dunes de sable, après un éboulement durant...
A Biscarrosse, station prisée de la côte landaise fortement touchée par l'érosion, il ne reste plus grand-chose lundi de la promenade qui surplombe les dunes de sable, après un éboulement durant le week-end précipité par une météo défavorable.
Cet effondrement était "quelque chose que l'on appréhendait" et "toutes les mesures de sécurité" avaient été prises, a indiqué lundi la maire Hélène Larrezet, qui avait interdit l'accès à la promenade, à la plage et à un hôtel situé à quelques mètres de l'océan ce week-end "au vu des conditions météorologiques annoncées".
Météo-France avait classé le département du Sud-Ouest en vigilance orange samedi.
Giflée par les vagues et les vents de l'Atlantique, la plage de cette commune de 16.000 habitants prise d'assaut l'été est grignotée chaque année de deux mètres en moyenne, jusqu'à cinq mètres en cas de fortes tempêtes l'hiver.
Celui-ci s'annonce déjà "historique" avec cette "tempête de plus", selon Mme Larrezet.
"La nature a, de tout temps, fait évoluer le trait de côte" même si durant un temps, "l'expansion balnéaire a (...) donné une perception de quelque chose de fixe", poursuit l'édile qui déplore toutefois une "phase d'érosion aiguë (...) visible à l'oeil nu" aujourd'hui.
"Pour s'adapter, il faut anticiper", dit-elle, évoquant notamment la suppression d'un rond-point en haut d'une dune ou le projet de "renaturation" de la promenade, avec un tracé à l'arrière en caillebottis bois et des aménagements "réversibles" d'une saison à l'autre.
Sur la plage, des camions chargés de sable font des allers-retours pour combler le "déficit sédimentaire". "Il y a moins de sable qui vient sur nos plages naturellement. On aide la nature en réensablant tout l'hiver", explique la maire de Biscarrosse, évoquant une "stratégie adoptée par les autorités publiques et les financeurs depuis 2018, dans le cadre du déploiement de la stratégie nationale et régionale sur le trait de côte".
Selon les estimations du Groupement d'intérêt public Littoral, qui regroupe les collectivités locales touchées par l'érosion depuis la Charente-Maritime jusqu'aux Pyrénées-Atlantiques, plusieurs milliers de logements et commerces sont menacés par ce recul d'ici 2050, si rien n'est fait.
Certains bâtiments ont déjà été démolis, comme l'immeuble Le Signal à Soulac-sur-Mer (Gironde) et un ancien institut hélio-marin à Labenne (Landes), tandis que la destruction du phare de la Coubre, à une vingtaine de kilomètres de Royan (Charente-Maritime), a été actée l'an dernier.
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