À Boulogne-sur-Mer, une palette de solutions pour gérer le froid industriel
Le pôle de valorisation des produits aquatiques Aquimer a rassemblé plusieurs spécialistes de la gestion du froid dans l'industrie, ce 9 janvier à Boulogne-sur-Mer. Ils ont partagé leurs solutions pour optimiser ces installations coûteuses, parfois polluantes et toujours plus réglementées.
«Aquimer, c'est un pôle de compétitivité qui accompagne depuis vingt ans les entreprises dans leurs projets de développement et d'innovation, notamment en réalisant des veilles techniques et réglementaires», résume Harmonie Tellier, chargée de mission pour ce pôle spécialisé dans les produits aquatiques. C'est exactement ce rôle que l'établissement a joué le 9 janvier, en réunissant à son siège de Boulogne-sur-Mer une palette d'experts de la gestion du froid, dans l'idée de montrer aux professionnels toutes les manières d'optimiser leurs installations.
Des restrictions plus importantes
Structurellement coûteuse à l'usage et soumise aux aléas des prix de l'énergie, la fabrication de froid pour les industries, les commerces ou les pharmacies est aussi de plus en plus réglementée. «Face au pouvoir polluant des fluides frigorigènes (utilisés dans les chambres froides, ndlr), ces derniers connaissent des restrictions toujours plus importantes au niveau européen», explique Kalim Belhacene, expert du froid chez Helexia. De plus en plus d'équipements seront concernés par l'interdiction de certains fluides».
Plutôt que d'y voir «une contrainte», l'expert incite les professionnels à y trouver «une opportunité pour améliorer» leurs installations, via l'adoption de bonnes pratiques (éviter l'encombrement autour des machines), l'optimisation des équipements (régulation par haute pression flottante, changement de fluide) ou carrément leur remplacement.
De l'IA à l'eau de mer
Mieux comprendre ses installations de froid, c'est réaliser de substantielles économies, selon tous les acteurs présents au pôle Aquimer. Ubbak, le réseau de froid de Vinci Énergies, propose ainsi des «audits» pour évaluer précisément le fonctionnement des installations et les besoins précis de l'entreprise. C'est la première étape pour mettre en place des contrats de performance énergétique permettant à ses clients de moins consommer. «L'un de nos clients a, par exemple, bénéficié d'une économie d'énergie de 30% sur sa consommation d'électricité liée au froid, soit 5 000 euros sur l'année 2025», confie Thibault Lhomoy, représentant d'Ubbak.
BeeBryte, elle, «utilise l'intelligence artificielle pour détecter les potentielles dérives d'une installation de froid et anticiper les pannes», note Mathieu Martinez, salarié de cette jeune pousse française. Anomalies silencieuses, réglages sous-optimaux, risque de prise en glace... L'analyse des équipements est condensée dans un rapport mensuel envoyé au client, mais peut aussi se transformer en alerte immédiate en cas d'urgence.
D'autres exemples locaux et très concrets ont été exposés, comme la solution Acustare de l'entreprise MSI France, basée à Calais. Ses matériaux à changement de phase peuvent habiller tout ou partie d'une chambre froide et stocker le froid pour protéger, durant plusieurs heures, des marchandises en cas de panne. La communauté d'agglomération du Boulonnais a aussi lancé en 2023 un démonstrateur de thalasso-thermie avec Norfrigo, qui a réduit sa consommation électrique de 10% en utilisant l'énergie calorifique de l'eau de mer, pompée puis rejetée.
Pour Aletheia Press, Arnaud Stoerkler