La commande publique a représenté au niveau national 180 000 marchés en 2025 pour un montant total de 188 milliards d'euros. «C'est un levier de développement qui peut vraiment s'avérer intéressant», souligne Sophie Pons, consultante stratégie et développement commercial au sein de la CCI Grand Hainaut. Pour encourager les TPE et PME locales à s'intéresser à ce sujet, la communauté de communes Thelloise a ainsi coorganisé, avec la chambre consulaire, une matinale spéciale le 19 mai dernier à Neuilly-en-Thelle.
Une méthode qui s'apprend
Selon les chiffres présentés par la CCI, 43 % des marchés attribués l'an dernier ont été décrochés par des TPE/PME. «C'est tout à fait accessible ; d'ailleurs, beaucoup d'acheteurs utilisent l'allotissement pour permettre aux entreprises locales de répondre. Le premier grand principe du marché public est celui de la liberté d'accès», pointe Sophie Pons. Une règle qui vaut aussi pour les entreprises nouvellement créées. «Vous n'allez pas être rejetés parce que votre société est jeune ; du moment que vous justifiez d'un peu de chiffre d'affaires et de quelques références, c'est suffisant», assure Véronique Monnet, en charge de la commande publique au sein du pôle technique de La Thelloise.
Autre fondement : mettre en concurrence les entreprises de manière égalitaire et transparente. «Tous les documents liés aux marchés sont accessibles en ligne ; si une question est posée, la réponse est adressée à l'ensemble des candidats, et l'acheteur est tenu de faire des retours aux candidats non retenus, s'ils le demandent», indique Sophie Pons. Cette dernière encourage les participants à cartographier les acheteurs dans leur secteur (services, travaux ou fournitures). «Vous pouvez les contacter, présenter vos savoir-faire, ce n'est plus interdit», précise Sophie Pons, pour qui il est aussi primordial de formuler des réponses personnalisées. «La CCI propose des formations pour vous aider à franchir le cap», rappelle-t-elle.
Des entrepreneurs intéressés
Laurent Michel, à la tête de LMC Drone Expériences, et François Duval, dirigeant de EMC Drone Solutions, se sont inscrits par curiosité à la réunion. «Nous ne connaissions pas du tout les marchés publics ni comment cela fonctionnait», expliquent-ils. Même s'ils ont apprécié la démystification et les informations reçues, les deux entrepreneurs ne pensent pas se lancer dans l'immédiat. «C'est beaucoup trop chronophage. Par contre, nous allons continuer de faire du gré à gré [procédure adaptée dite Mapa, qui ne nécessite pas de mise en concurrence pour des marchés jusqu'à 221 000 euros pour des collectivités]», ajoutent-ils.
Une vision différente de celle de Nadège Carra, de Carra Élec. «Je réponds déjà à des appels d'offres, mais je voulais me perfectionner. En soi, la première fois est compliquée. Mais une fois qu'on a compris le système, ça va tout seul», assure-t-elle. Persuadée, comme beaucoup de participants, que la publicité auprès des institutions était interdite, elle s'apprête à changer totalement d'approche. «Grâce à cette réunion, je vais changer mes pratiques et aller beaucoup plus démarcher, présenter notre entreprise»,, assure-t-elle. Actuellement, le domaine public représente 30% de l'activité de cette entreprise basée à Chambly. Un chiffre qu'elle aimerait voir évoluer.