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A Roubaix, le favori LFI David Guiraud repart en campagne "contre l'abstention"

Le député LFI David Guiraud, arrivé largement en tête dimanche et favori pour faire basculer Roubaix, est reparti en campagne dès lundi matin en tractant sur un marché "pour se battre contre l'abstention", qui a atteint 62,38%...
David Guiraud, candidat LFI, devant son QG de campagne à Roubaix, le 15 mars 2026, lors du premier tour des élections municipales © Francois LO PRESTI

David Guiraud, candidat LFI, devant son QG de campagne à Roubaix, le 15 mars 2026, lors du premier tour des élections municipales © Francois LO PRESTI

Le député LFI David Guiraud, arrivé largement en tête dimanche et favori pour faire basculer Roubaix, est reparti en campagne dès lundi matin en tractant sur un marché "pour se battre contre l'abstention", qui a atteint 62,38% au premier tour dans cette ville du Nord.

Juste après avoir déposé lundi aux premières heures à la préfecture sa liste pour le second tour -la même qu'au premier-, M. Guiraud est retourné sur le terrain, qu'il arpente depuis le début précoce de sa campagne.

Lui-même l'a martelé lundi matin: "la clé, c'est l'implantation locale".

"Ce qui importe pour les Roubaisiens, c'est de savoir si vous avez été présent dans nos vies, dans notre quotidien", a-t-il ajouté, accueilli avec cordialité avec son équipe sur le marché d'un quartier populaire de la ville.

Comme des dizaines d'autres personnes rencontrées sur le marché lundi, Khalil Bendaoud n'a pas voté au premier tour.

Ce Roubaisien de 69 ans dit néanmoins vouloir se rendre aux urnes au second afin d'y déposer un bulletin "pour M. Guiraud", qu'il a "vu partout lors de la campagne" et envers qui il a "de grandes attentes" après avoir "regardé son projet".

Originaire de Seine-Saint-Denis et élu député du Nord en 2022, David Guiraud est parti en campagne dès octobre 2024.

Le maire sortant divers droite Alexandre Garcin, élu de longue date, n'est quant à lui devenu maire qu'en décembre, après la condamnation définitive de son prédécesseur Guillaume Delbar (DVD) dans une affaire de défiscalisation frauduleuse.

M. Guiraud a très largement devancé M. Garcin (20,09%), une liste d'union de la gauche menée par le conseiller municipal d'opposition Karim Amrouni (16,76%) et la candidate du RN Céline Sayah (11,87%).

Alexandre Garcin a dès dimanche soir appelé à une alliance au second tour avec son opposant Karim Amrouni.

"J'invite toutes les personnes qui ne souhaitent pas la victoire de LFI à Roubaix à me rejoindre", a-t-il rappelé sur X lundi.

Mais Karim Amrouni a catégoriquement exclu de le rejoindre, estimant ne "pas (pouvoir) s'allier alors qu'on s'est disputés pendant six ans".

La candidate RN a quant à elle appelé M. Garcin à envisager une alliance de "patriotes" contre LFI.

Lundi matin, elle aussi était présente sur le marché avec ses soutiens pour tracter et a salué cordialement M. Guiraud au détour d'un étalage.

Alternance

Abdelyazid Sadat, auto-entrepreneur de 60 ans, est aussi favorable au candidat de LFI, estimant que l'"alternance" qu'il incarnerait dans la ville gouvernée par la droite depuis 2014 serait une "chance".

Pour lui, "c'est une excellente chose que Roubaix expérimente un nouveau courant politique qu'on ne connaît pas".

Marie-Michelle, 80 ans, est plus nuancée: elle espère que le maire qui sera élu, quel qu'il soit, "fera mieux" mais s'inquiète des "problèmes au niveau national avec LFI", faisant référence aux récentes polémiques lancées après des propos de Jean-Luc Mélenchon, accusé d'antisémitisme.

Elle déplore aussi qu'"à Roubaix, il y (ait) beaucoup d'abstention" mais que les élus ne fassent "pas grand chose pour qu'il y en ait moins".

Guillaume, militant LFI venu tracter sur le marché, se dit "serein" pour le second tour, "vu la dynamique générale".

Le candidat LFI Bally Bagayoko, allié au Parti communiste, a ravi dès le premier tour au Parti socialiste Saint-Denis, deuxième plus grande ville d'Ile-de-France derrière Paris.

Pour Cédric Passard, enseignant à Sciences Po Lille, "ce serait une énorme surprise" si M. Guiraud ne l'emportait pas au second tour "dans la mesure où il est à quelques pourcents de la victoire au premier".

Il souligne aussi un "contexte vraiment favorable" à M. Guiraud, avec une "implantation très forte du vote LFI dans Roubaix" aux précédentes élections législatives et présidentielle.

"Même s'il y avait une union contre lui (...) la dynamique fait que ça laisse peu de marges de manœuvre pour la possibilité d'un retournement", estime-t-il.