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À Saint-Gobain, Ereo mise sur l’innovation optique et électronique

Basée à Saint-Gobain, la société Ereo conjugue expertise optique, projets sur mesure et innovation industrielle, tout en misant sur un ancrage familial et local. Portrait d’une entreprise high tech de l’Aisne.

Mickaël Paul, dirigeant de la société Ereo depuis 2018. © Ereo
Mickaël Paul, dirigeant de la société Ereo depuis 2018. © Ereo

L’entreprise Ereo est née dans l’Ain en 1993. Son domaine d'intervention réside dans l'accompagnement de projets en optique et en électronique. En 2018, lors de la reprise par Mickaël Paul, elle s’installe d’abord à Chauny, au sein de la pépinière Innovalis, avant de rejoindre Saint‑Gobain sur la ZAC Beaulieu. «Un emplacement idéal, à la campagne entre Lille et Paris», estime le dirigeant qui s’y épanouit et fait de l’entreprise une histoire de famille. Ereo compte aujourd’hui quatre salariés : le dirigeant, son épouse en charge de l’administratif, son beau-père opérateur de montage et un électronicien.

«Nous sommes un bureau d’études spécialisé en optique et en électronique», résume Mickaël Paul. L’activité repose sur trois volets : la conception de prototypes pour des clients, l’assemblage d’appareils et la fabrication de deux instruments propres, un granulomètre portable et un microscope de cuite. Ce dernier appareil est utilisé dans l’industrie du sucre pour contrôler le bon fonctionnement du processus de cristallisation. «Quand un client vient avec une idée, nous la traduisons en cahier des charges, en solution technique et en prototype fonctionnel», explique le dirigeant.

Un instrument industriel innovant

Depuis fin 2025, Ereo commercialise Granuvisio, un granulomètre portable conçu pour mesurer la taille des particules de poudre directement sur les lignes de production. L’appareil, développé avec le soutien d’Initiative Aisne et de Bpifrance, représente un investissement de plus de 50 000 euros. Contrairement aux granulomètres traditionnels, souvent volumineux et cantonnés aux laboratoires, le modèle d’Ereo tient dans la main et fonctionne avec une tablette. «En moins de 30 secondes, on obtient le résultat», souligne le dirigeant. L’objectif : fluidifier les contrôles qualité et éviter les arrêts de production coûteux. Les secteurs agroalimentaire, pharmaceutique, chimique ou encore minier figurent parmi les marchés potentiels.

L’appareil intègre également l’intelligence artificielle, chargée de détecter et de mesurer automatiquement les particules. «Nous avons entraîné un modèle d’IA pour détourer chaque particule et en mesurer le diamètre», explique Mickaël Paul, qui voit dans cette technologie un moyen de gagner en polyvalence et en réactivité. Ainsi, cette technologie pourrait bien être intégrée sur les futurs modèles, pour gagner davantage en productivité.

De nouvelles technologies à l’export

La société a réalisé, en 2024, un chiffre d’affaires d’environ 520 000 euros.

Pour les prochaines années, Ereo prévoit de renforcer la commercialisation de son Granuvisio et d’intégrer un module de traitement d’image dans son microscope de cuite, utilisé notamment dans les sucreries. «L’idée est d’aider les opérateurs à prédire leur granulométrie et à mieux suivre leur process», indique Mickaël Paul.

Le dirigeant voit encore plus loin. Pour cette année 2026, il entend commencer l’export de son granulomètre. «C’est un appareil fiable et robuste donc la durée de vie s’étend de cinq à dix ans, il nous faut donc élargir notre clientèle» complète-t-il. Ereo, qui affiche un chiffre d'affaires annuel de 520 000 euros, pourrait ainsi s’exporter au Brésil, premier producteur mondial de sucre.