Les auditions s’enchaînent dans le cadre de la mission d’information sénatoriale "La souffrance psychique au travail : un défi sociétal et collectif à relever" mise en place en février 2026 et dont la sénatrice axonaise Pascale Gruny est la vice-présidente. La parlementaire, ancienne responsable RH dans le Saint-Quentinois, a récemment entendu les professionnels de terrain, Cécile Lamy-Zaluski, médecin du travail coordonnateur, Edwige Dissaux et Philippe Sevrain, psychologues du travail au sein de Présoa, service de prévention et de santé interentreprises implanté en Hauts-de-France, dont 23 centres répartis sur l’Aisne et la Somme et qui a, inscrit dans son ADN, le travail «en proximité».
Grande cause nationale
Déclarée grande cause nationale en 2025, la santé mentale le sera encore pour toute l’année 2026, ainsi en a décidé la gouvernement au vu de l’ampleur du problème : en 2025, selon une étude de l’IFOP, trois Français sur quatre déclaraient avoir déjà ressenti un trouble de santé mentale lié au travail dans les cinq dernières années. Les échanges entre la vice-présidente de la mission sénatoriale et les professionnels de la santé au travail axonais ont été libres et nourris des «réalités du terrain» que vivent au quotidien dans l’intimité de leurs bureaux les médecins et psychologues du travail mais aussi des premiers éléments intéressants recueillis lors des auditions déjà menées.
Vite et bien
Pour le Dr Céline Lamy-Zaluski, il est important de détricoter la souffrance du salarié pour en identifier les causes : «qu’est-ce qui a dysfonctionné» et ainsi «protéger le collectif», autrement dit éviter que d’autres collaborateurs ne franchissent la porte de son bureau. Philippe Sevrain de son côté, a fait état de la problématique relevée «le problème relationnel».
Pascale Gruny ,quant à elle, a retenu des premières auditions «un travail trop pressé», les psychologues reçoivent des salariés en souffrance «parce qu’ils se sentent empêchés de faire leur travail», «on ne les laisse pas accéder à la qualité qu’ils veulent mettre dans le travail» ont témoigné les professionnels axonais. Le médecin du travail a suggéré à la sénatrice de créer un nouveau poste dans l’entreprise, une personne «déléguée à la qualité de la relation». Présoa s’intéresse parallèlement à la santé des dirigeants d’entreprise, y compris les indépendants.