Le 1er avril dernier, Maxime Cassel est officiellement devenu le directeur de la sucrerie Sainte-Émilie à Villers-Faucon. «C'est une grande fierté à titre personnel, mais aussi un challenge sur le plan professionnel. Sainte-Émilie est un beau site, doté d'une équipe d'une grande qualité. Mon ambition est que nous progressions ensemble», confie-t-il. Ce Picard d'origine connaît bien l’usine de 115 salariés et quelque 1 200 coopérateurs, puisqu'il y a été alternant puis ingénieur de production au début des années 2000. Il a ensuite occupé d’autres postes au sein du groupe Cristal Union. Il a ainsi été, durant sept ans, directeur du site de Corbeilles, dans le Loiret.
Malgré un prix du sucre en baisse de 40 % ces deux années et des coûts de production en augmentation, Maxime Cassel reste optimiste. «Le contexte est compliqué, mais nous avons des sites performants et résilients. Nous croyons fermement en l'avenir de la culture de la betterave» assure-t-il. Le responsable tient à souligner que les pertes annoncées du groupe Cristal Union concernent une dépréciation d'actifs. «Cela n'a aucun lien avec l'activité économique de notre sucrerie», ajoute-t-il.
Continuer à faire avancer le site
La priorité de Maxime Cassel est de travailler la cohésion d'équipe et la sécurité. «Nous sommes dans une industrie de process, avec de gros flux. C'est une activité qui comporte des dangers que l'on doit maîtriser. La sécurité n'est pas un enjeu économique à proprement parler, mais c'est un préalable incontournable pour performer», analyse-t-il. Côté installations, l'usine a bénéficié de 70 millions d'euros d'investissement ces sept dernières années, dont un sécheur vapeur mis en place en 2023 pour 35 millions d'euros, dont sept millions provenant de l'Ademe.
Si l'usine bénéficie de solides outils, Maxime Cassel estime que des améliorations sont encore possibles. «Sainte-Émilie est performante d'un point de vue énergétique» observe-t-il. Ainsi, les émissions de dioxyde de carbone ont reculé de 16% depuis 2010. «Nous autoproduisons l'électricité nécessaire à notre activité et nous sommes autonomes en eau, mais il est possible d'aller encore plus loin, en la valorisant mieux notamment», rappelle le directeur de la sucrerie.
Mais une autre piste d'amélioration existe. «Le sujet, aujourd'hui, est celui de la place», observe Maxime Cassel. Concrètement, le dirigeant souhaite mettre en place un groupe de travail et échanger avec le Département pour imaginer, à long terme, une déviation qui permettrait à l'usine de s'agrandir sans être gênée par la route qui la borde.
La betterave, un produit d'avenir
Pour le responsable, la betterave a un avenir. «C'est un superbe produit, qui contribue aujourd'hui à la souveraineté alimentaire, humaine comme animale, et demain participera à la souveraineté énergétique», souligne Maxime Cassel. Avec un rendement local de 98 tonnes à l'hectare, à 16° de moyenne, soit 20 tonnes supplémentaires à l'hectare par rapport à l'année précédente, la dernière campagne est jugée «exceptionnelle». Ce sont ainsi 1,98 million de tonnes de betteraves qui ont été transformées par la sucrerie Sainte-Émilie qui entend «continuer à bien traiter» ses volumes et à les augmenter à l'avenir.
«Nous avons de la chance d'avoir beaucoup de betteraves. C'est vraiment une force, puisque plus nous en aurons, mieux nous pourrons les rémunérer», note le directeur de l’usine de Villers-Faucon. Pour la dernière campagne, les coopérateurs seront rémunérés à hauteur de 35,14 euros la tonne, grâce notamment à la caisse de péréquation.