En bref

A31 bis : un collectif florangeois pour «faire entendre la voix des entreprises»

Un nouveau collectif se constitue dans la vallée de la Fensch pour défendre 18 sociétés implantées zone Sainte-Agathe à Florange, menacées par le projet d’A31 bis. À sa tête, William Pedrini, gérant de CMI. Ce dossier d’infrastructure routière divise depuis des années élus, riverains… mais aussi désormais chefs d’entreprise.

© Préfecture de la Moselle. Près de 100 000 Mosellans franchissent quotidiennement la frontière vers le Luxembourg.

© Préfecture de la Moselle. Près de 100 000 Mosellans franchissent quotidiennement la frontière vers le Luxembourg.

Face à la saturation récurrente de l’A31, artère clé du Sillon lorrain et colonne vertébrale des déplacements vers le Luxembourg, l’État et les collectivités portent depuis plus d’une décennie l’idée d’une autoroute bis, censée désengorger le trafic de poids lourds et de frontaliers. Ce projet, qui comprend un contournement de Thionville et l’élargissement de sections existantes, est à nouveau en débat.

Dans ce contexte, 18 entreprises implantées sur la zone Sainte-Agathe à Florange, plus 4 locataires, se mobilisent : tous estiment que le tracé retenu, dont un tunnel de 2,8 km qui couperait la ville en deux, menace leur activité et leur implantation. Mené par des chefs d’entreprise locaux, William Pedrini, patron du CAC140 et directeur de CMI Équipement en tête, le collectif vise à «faire entendre la voix des entreprises» et à peser dans les arbitrages, notamment autour du relogement et de l’accompagnement des sociétés contraintes de déménager. Leur expropriation sera étudiée lors de l'enquête publique attendue après les Municipales.

Les critiques ne manquent pas depuis le lancement des études : procédures jugées longues, incertitudes sur les capacités réelles du projet à répondre aux défis de mobilité transfrontalière et inquiétudes quant à l’impact économique local. Pour ces acteurs économiques, déjà confrontés à un marché du travail frontalier où près de 100 000 Mosellans franchissent quotidiennement la frontière vers le Luxembourg, toute perturbation peut avoir des conséquences significatives.

Alors que l’État veut relancer la concertation finale et présenter une version actualisée du projet au printemps, ce collectif pourrait accentuer la pression politique et médiatique en mettant en avant les enjeux de compétitivité, d’emploi et d’attractivité du territoire. Reste à voir comment cette mobilisation infléchira un dossier dont l’issue pèsera sur l’économie mosellane pour les décennies à venir.