Portrait
Industrie

Accélérateur croissance Meuse : Acte I

La direction régionale de Bpifrance Nancy et le GIP Objectif Meuse lancent conjointement le premier Accélérateur Croissance Meuse avec l’ambition d’embarquer dans cette aventure, une quinzaine de PME implantées dans ce territoire rural, qui bénéficieront de conseils qualifiés et de formations dispensés par des experts nationaux. Le premier séminaire est d’ores et déjà programmé au 7 octobre. En attendant, la promotion est en cours de constitution.

Une première en France. Si Bpifrance a lancé son activité de conseil dès 2015 autour de la création d’accélérateurs généralistes ou sectoriels, c’était pour lutter contre l’isolement des dirigeants et leur permettre de sortir la tête du guidon pour penser une vision stratégique. Depuis plus de dix ans, ce sont près de 6000 entreprises accélérées qui ont adhéré à cette prestation conseil. En Lorraine, elles sont 150 à avoir bénéficié de cette mise en réseau. La particularité du petit dernier, c’est que pour la première fois en France, Bpifrance mise sur un accélérateur départemental. Ce choix s’explique par la rencontre avec l’équipe du Groupement d’intérêt public Objectif Meuse (fonds d’accompagnement de Bure) dirigée par Mélanie Varnusson. «Nous partageons une même vocation qui vise à aider les entreprises à se positionner, à être plus compétitives», confient en cœur Jérôme Dumont, le président du GIP et Christian Theriot, le directeur régional de Bpifrance Nancy. Neuf mois après les premiers échanges, leur projet a abouti en février autour d’un protocole d’accord. En avril, tous se sont retrouvés dans les locaux de l’usine CTA (Chaudronnerie et Tôlerie de l’Argonne), à Varennes-en-Argonne pour médiatiser ce partenariat. Un lieu qui n’a rien du hasard pour ce site industriel dirigé par Didier Trolio, devenu pour l’occasion, ambassadeur du futur accélérateur. «Nous avons été accompagnés en 2021 en rejoignant l’accélérateur Grand Est qui nous a permis d’avoir accès à des conseils haut niveau que nous n’aurions pas pu nous payer. L’expérience a contribué à la progression de notre chiffre d’affaires qui a gagné plus de 30% entre 2019 et 2023 alors naturellement CTA rejoindra l’accélérateur Croissance Meuse», explique le chef d’entreprise, heureux de pouvoir prochainement échanger avec d’autres dirigeants qui font face aux mêmes problématiques que lui.

Proximité et homogénéité

 C’est d’ailleurs un peu ce qui lui avait manqué lors de sa première expérience où les autres patrons n’étaient ni Meusiens, ni sur le même segment de marché. La proximité devrait ainsi contribuer à la dynamique du programme. Au-delà des échanges entre pairs qui se nourriront lors d’événements, les entreprises accélérées vont profiter, pendant un an, d’un programme qui reposera sur seize jours de conseil individualisé et cinq jours de formation prodigués par des experts qualifiés du réseau Bpifrance. Ils sont plus de 700 disséminés sur l’ensemble de la France. Si le coût du programme hors subvention s’élève à 36 000 euros HT par entreprise, le sponsoring du GIP Objectif Meuse a permis de réduire drastiquement la facture pour un reste à charge de 6200 euros HT. Une première. «C’est d’ailleurs la force et la spécificité du GIP qui dépasse ses dispositifs classiques pour aller vers des actions collectives», analyse Jérôme Dumont qui tient à préciser que «la réindustrialisation ne passera pas par de grands discours tenus à Paris, mais bien par les territoires ruraux». Reste à identifier les entreprises qui rejoindront ce programme technique, clef en main, avec une volonté pour Bpifrance de constituer une promotion homogène en termes de chiffre d’affaires, de taille et d’activités. Après concertation, une liste d’entreprises prioritaires a été établie, mais les deux acteurs restent ouverts à toute candidature spontanée. 

Développement et pérennité recherchés

 S’il est difficile de mesurer les bienfaits du programme, un cabinet indépendant a récemment révélé que «la participation à un accélérateur s’accompagne d’une croissance de 5 à 8% du chiffre d’affaires», selon Marine Jurkiewicz de Bpifrance. À l’heure où le secteur industriel souffre et manque de visibilité du fait du contexte international, cet outil arrive à point nommé pour permettre aux dirigeants meusiens de penser une réflexion stratégique tout en jouant la carte de la montée en compétences. C’est en tout cas la volonté de Didier Trolio confronté à une baisse drastique du marché du luxe. «Habituellement nous concevons cinq fours par an, mais cette année le chiffre tombera à un ou deux. Pour compenser cette diminution, nous devons nous tourner vers une diversification et ça fait partie d’un de mes objectifs en intégrant l’accélérateur Croissance Meuse», prévient le patron, bien décidé à profiter de cette opportunité pour rebondir et continuer de se développer. C’est tout l’enjeu de cette initiative conjointe : au-delà de la pérennité, c’est bien l’essor et la croissance qui sont recherchés pour des PME engagées dans une course et qui pourraient prendre de l’avance sur la concurrence en rejoignant ce club meusien, unique en France.

La participation à un accélérateur s’accompagne d’une croissance de 5 à 8% du chiffre d’affaires