En bref

Attentat près de la tour Eiffel en 2023: procès requis contre l'assaillant

Un procès a été requis lundi à Paris contre le suspect de l'attaque au couteau ayant coûté la vie à un touriste germano-philippin près de la tour Eiffel en décembre 2023, un Franco-iranien qui a...
Des fleurs déposées à l'endroit où un touriste a été poignardé à mort la veille, près de la tour Eiffel à Paris, le 3 décembre 2023 © Dimitar DILKOFF

Des fleurs déposées à l'endroit où un touriste a été poignardé à mort la veille, près de la tour Eiffel à Paris, le 3 décembre 2023 © Dimitar DILKOFF

Un procès a été requis lundi à Paris contre le suspect de l'attaque au couteau ayant coûté la vie à un touriste germano-philippin près de la tour Eiffel en décembre 2023, un Franco-iranien qui a été, après l'attentat, déchu de sa nationalité française.

Le parquet national antiterroriste (Pnat) demande qu'Armand Rajabpour-Miyandoab soit jugé devant la cour d'assises de Paris spécialement composée, a-t-il indiqué vendredi, confirmant une information de Ouest-France.

Le Pnat a sollicité la mise en accusation du suspect pour "assassinat en relation avec une entreprise terroriste en état de récidive légale".

Le ministère public requiert également son procès pour "tentatives d'assassinat en relation avec une entreprise terroriste en état de récidive légale": lors de l'attaque, le 2 décembre 2023, Armand Rajabpour-Miyandoab est aussi accusé d'avoir blessé deux personnes à coups de marteau.

Dans la foulée, le 6 décembre 2023, ce ressortissant franco-iranien âgé alors de 26 ans avait été mis en examen et placé en détention provisoire, à l'isolement.

Ce jour-là, il était apparu devant le juge des libertés et de la détention l'air concentré, avec une longue barbe noire et des égratignures au visage, avait constaté une journaliste de l'AFP avant que ne soit prononcé le huis clos.

L'homme, né en 1997 à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine), près de Paris, avait ensuite été déchu de sa nationalité française en octobre 2024.

Contactée vendredi, son avocate Clémentine Perros n'a pas souhaité faire de commentaires.

Suivi psychiatrique

En décembre 2023, le suspect avait longuement parlé lors de sa garde à vue.

Il avait affirmé avoir répondu à un "appel fin octobre de l'Etat islamique, demandant à tuer des juifs", avait précisé une source judiciaire après son interrogatoire. Il disait ainsi avoir agi "en réponse aux exactions, selon lui, de l'Etat d'Israël sur la bande de Gaza".

Il avait également indiqué, d'après une source proche de l'enquête, ne pas avoir supporté que la tour Eiffel ait été illuminée "aux couleurs d'Israël" après les massacres commis par le mouvement islamiste palestinien Hamas le 7 octobre 2023.

Il avait précisé avoir envisagé "plusieurs cibles", et notamment le jardin mémoriel des enfants du Vel d'Hiv, en mémoire des enfants juifs raflés les 16 et 17 juillet 1942. "Il y avait des sites juifs envisagés, mais pas que", avait ajouté la source judiciaire.

Armand Rajabpour-Miyandoab avait déjà été condamné à cinq ans d'emprisonnement pour association de malfaiteurs à visée terroriste, après un projet d'action violente à la Défense, le quartier des affaires à l'ouest de Paris, en 2016.

Il était sorti de prison en mars 2020, avec une injonction de soins "impliquant un suivi psychiatrique resserré et contrôlé par un médecin coordinateur" jusqu'à la fin de la mise à l'épreuve le 26 avril 2023, selon le Pnat.

Au moment de l'attaque, ses parents et une proche avaient été placés en garde à vue. Ses parents, "très attachés à la France", avaient vite été remis en liberté, d'après la source proche de l'enquête.

La proche, une femme de la "sphère jihadiste", avait reçu une proposition de mariage d'Armand Rajabpour-Miyandoab et l'avait vu "la veille" de son passage à l'acte, selon cette source. Elle avait aussi vu sa garde à vue levée sans poursuites.

Les investigations se sont finalement resserrées sur Armand Rajabpour-Miyandoab, seul mis en examen à la clôture du dossier, selon une autre source proche.

Cet attentat avait mis le gouvernement sous pression, deux mois à peine après celui d'Arras (Pas-de-Calais), qui avait coûté la vie à l'enseignant Dominique Bernard - dans ce dossier d'Arras, les investigations sont terminées et un réquisitoire doit être bientôt rendu.