Bailleul : la Cité de la Bière confiée au groupement DREAM/Epatant
Initiée par la Région Hauts-de-France et pilotée par Cœur de Flandre agglo, la future Cité de la Bière sera conçue par le groupement DREAM/Epatant, retenu à l’issue du concours d’architectes.

Dévoilé il y quelques jours, le choix du groupement DREAM/Epatant est une nouvelle étape pour la future vitrine régionale de la culture brassicole de Bailleul. Sous l’égide de la Région et de Cœur de Flandre agglo, le projet ambitionne de devenir un équipement culturel et touristique de référence, un lieu de vie voué à célébrer un savoir-faire profondément ancrée dans l’histoire et l’identité flamandes.
Terre brassicole depuis neuf siècles
Si le Cœur de Flandre a été retenu pour accueillir la Cité régionale de la Bière1, c’est d’abord en raison de son héritage brassicole, les premières traces de brassage dans les Flandres remontant à près de neuf siècles. «C’était une évidence historique et patrimoniale pour Cœur de Flandre Agglo de postuler» rappelle son président Valentin Belleval. «Notre territoire dispose d’une activité brassicole depuis le Moyen-Age, d’une quinzaine de brasseries en activité et du houblon y est encore cultivé. Cette Cité de la bière sera une locomotive pour la Flandre et pour le tourisme régional».
Au début du 20ème siècle, le territoire comptait à lui seul 220 brasseries entre Dunkerque et Hazebrouck, dans une région alors considérée comme l’un des cœurs battants de la production française. Cette tradition, loin d’avoir disparue, connaît aujourd’hui un renouveau porté par plus de 200 brasseries dans les Hauts-de-France. La future Cité entend raconter cette histoire en valorisant autant les savoir-faire artisanaux que les dynamiques contemporaines de la filière.
Une implantation patrimoniale au cœur de Bailleul
Le projet prendra place sur le site de l’ancienne usine textile Nordlys, à Bailleul. Cette friche industrielle datant de 1864, à l’arrêt depuis 1988, constitue un lieu chargé de mémoire ouvrière et industrielle, et sa reconversion illustre la volonté commune de la Région et de l’agglomération de conjuguer patrimoine et modernité. Situé à proximité immédiate de la gare, du beffroi et de la Grand-Place, le site offre une connexion directe avec le centre-ville et participera à la redynamisation de la ville.
Les éléments architecturaux emblématiques, à l’image de la cheminée, seront en grande partie conservés et restaurés. Un vaste parvis viendra structurer l’ensemble et créer un nouveau cœur de vie, ouvert sur la ville et pensé comme un espace de rencontre et de convivialité.
DREAM et Epatant, une vision immersive et collective
Créée en 2018, l’agence d’architecture DREAM (Dimitri Roussel Ensemble Architecture Métropole) s’est imposée par une approche centrée sur le vivre-ensemble, l’écologie et les usages. Forte d’une quarantaine de collaborateurs, elle a notamment travaillé sur des projets d’envergure comme le Village des athlètes des Jeux olympiques de Paris 2024. A ses côtés, le scénographe Epatant est reconnu pour ses dispositifs immersifs et expérientiels, notamment dans les domaines culturels et événementiels.
Pour la Cité de la Bière, le groupement propose une expérience de visite sensorielle et ludique, articulée autour d’un parcours en plusieurs «bulles». Le visiteur sera ainsi invité à découvrir la bière sous toutes ses dimensions : historique, agricole, gustative, économique et festive.
Un moteur de développement culturel et touristique
Avec un budget global estimé à 20 millions d’euros, financé à hauteur de 50% par la Région Hauts-de-France, le projet se veut structurant pour le territoire. A l’instar du Louvre-Lens ou de Nausicaá, la Cité de la Bière ambitionne de devenir un levier d’attractivité, capable de rayonner bien au-delà du Cœur de Flandre ; et de contribuer à positionner durablement les Hauts-de-France comme une destination de référence pour le tourisme brassicole.
1. L'abus d'alcool est dangereux pour la santé. A consommer avec modération.
Quelques chiffres…
- Surface du site : près de 8 000 m2
- Budget estimé : 20 millions d’euros
- Financement régional : 50% soit 10 millions d’euros
- Production régionale : 10 millions d’hectolitres par an
- Brasseries dans les Hauts-de-France : plus de 200