Benoît Payan ambitionne de conserver Marseille, fort de sa coalition de gauche
Le maire sortant de Marseille, le divers gauche Benoît Payan, se lance dans la course pour un second mandat avec encore "d'immenses chantiers" à mener dans la deuxième ville de...
Le maire sortant de Marseille, le divers gauche Benoît Payan, se lance dans la course pour un second mandat avec encore "d'immenses chantiers" à mener dans la deuxième ville de France, où le scrutin municipal s'annonce indécis.
Cet ex-socialiste, légèrement favori des sondages, devra affronter la candidate de la droite et du centre Martine Vassal, battue en 2020, le député RN Franck Allisio et l'Insoumis Sébastien Delogu, qui a opté pour une candidature séparée.
La campagne du député LFI a toutefois été bousculée vendredi par l'annonce de son procès en juin pour diffusion de documents privés volés d'un entrepreneur en marge d'un conflit social.
L'annonce de M. Payan constitue tout sauf une surprise tant l'édile, à la tête du Printemps marseillais -coalition de gauche-société civile allant des socialistes aux communistes en passant par les écologistes-, avait régulièrement rappelé qu'un mandat serait insuffisant pour "changer la ville" après 25 ans aux mains du LR Jean-Claude Gaudin.
"Marseille a retrouvé sa voix et sa place. Oui, Marseille est de retour. Mais je le dis avec lucidité et humilité : il reste encore de grandes choses à accomplir", écrit-il dans une lettre aux Marseillais transmise à l'AFP, sans détailler à ce stade les lignes de son programme pour les municipales des 15 et 22 mars.
Son objectif sera de "planter pendant le mandat qui vient les graines de ce qui va être le grand changement" afin "d'imaginer cette ville pour les 50 ou 100 ans qui viennent", a promis l'ex-socialiste lors d'une conférence de presse dans son futur local de campagne.
"Maire non-élu
En 2020, ce n'est pas derrière lui, mais avec Michèle Rubirola en cheffe de file, que le Printemps marseillais avait fait basculer la ville.
Cette écologiste, médecin de formation, avait néanmoins démissionné quelques mois plus tard, officiellement pour raisons de santé.
M. Payan, bon orateur et fin connaisseur de la politique locale, avait ensuite été élu par ses pairs mais le scrutin avait été boycotté par l'opposition de droite qui dénonçait une "forme de déni de démocratie", voire un "féminicide politique" et le traite encore aujourd'hui de "maire non-élu".
Depuis, Benoît Payan, 47 ans, a gagné en popularité et son nom s'est facilement imposé comme tête de liste de cette coalition hétéroclite même si un adjoint écologiste a préféré rejoindre le camp de LFI.
Lors de son investiture, M. Payan avait promis de faire de la deuxième ville de France "une ville plus verte et plus juste".
Depuis, 26 parcs et jardins de la ville ont été créés ou rénovés. En revanche, le bilan est plus contrasté sur le plan de la pollution, due notamment à l'importante circulation automobile mais aussi aux paquebots de croisière. Le parc scolaire, longtemps délabré, a lui été amélioré avec 27 écoles sorties de terre et plusieurs dizaines prévues d'ici 2032.
Aux abois
La municipalité s'est également emparée de l'immense chantier du logement indigne dans une ville de près de 900.000 habitants minée par plus de 40.000 taudis et autant de demandes de logements sociaux en multipliant les recours judiciaires contre les "marchands de sommeil". Elle a aussi renforcé les réglementations contre les locations touristiques de courte durée.
L'effondrement mortel de deux immeubles de la rue d'Aubagne en 2018 avait traumatisé les habitants et mis en lumière l'inaction de l'équipe de Jean-Claude Gaudin.
"Benoît Payan, isolé et aux abois, précipite sa candidature aux municipales. Quatre pages de vide sidéral ne changent rien au bilan du plus mauvais maire de l’histoire de Marseille", a estimé sur X le collectif "Une génération pour Marseille", qui soutient Mme Vassal.
"Les Marseillais s'inquiètent de l'explosion de l'insécurité, du trafic de drogue, des impôts et de l'effondrement général de notre ville, Benoît Payan s'inquiète de la victoire de Franck Allisio", a cinglé le candidat RN.
La question sécuritaire risque de prendre une place centrale dans la campagne dans cette ville gangrenée par le trafic de stupéfiants et encore marquée par l'assassinat mi-novembre du frère du militant écologiste Amine Kessaci.
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