Au Havre, 20 000 accropodes en fabrication pour la chatière de Port 2000
Les travaux de la chatière qui doit connecter directement Port 2000 au bassin de la Seine avancent. 20 000 blocs de béton devant constituer la carapace de la digue sont en cours de fabrication sur le site.
Au Havre, les travaux de la chatière qui doit connecter directement Port 2000 au bassin de la Seine se poursuivent. «C'est un chantier complexe qui doit s'étendre sur deux ans et demi et dont l'échéance est prévue en 2027», a rappelé, ce 20 novembre lors d'une visite du site, Benoît Seidlitz, directeur maitrise d’œuvre et ingénierie de Haropa Port. L'objectif est d'augmenter fortement le report modal. «Le fluvial ne représente qu'une dizaine de pourcent», précise Benoît Seidlitz. À terme, il devrait doubler.
Un process de fabrication in situ
Actuellement, les opérations se concentrent sur la fabrication des 20 000 accropodes, nécessaires à la stabilisation de l'ouvrage long de 1,8 kilomètre qui protégera le futur chenal. «La digue est composée de quatre couches qui vont du plus fin au plus épais. Le noyau est constitué de sable et la dernière couche extérieure, la carapace, est formée par les accropodes du côté estuaire et des enrochements sur le côté opposé», détaille Jules Raphalen, chef du service études et travaux d’infrastructures de Haropa Port
Ces blocs de béton ont été développés par CLI et utilisés sur de nombreux sites dans le monde dès le début des années 1980. «Lors de leur pose, grâce à leur forme en H, ils s'imbriquent les uns dans les autres de façon uniforme et offrent une grande résistance à la houle et aux vagues», poursuit Jules Raphalen. Leurs caractéristiques précises ont été définies pour faire face à des conditions extrêmes spécifiques au Havre. «Nous avons pris en compte le changement climatique. La chatière est prévue pour avoir une durée de vie de 50 ans, nous nous sommes appuyés sur les études du GIEC en conséquence», rebondit Benoît Seidlitz.
60 unités par jour
Côtés dimensions, les accropodes sont imposants. «Chacun pèse sept tonnes et représente trois mètres cubes de béton» chiffre Pierre Gauvain, directeur de projet chez Térélian. L'entreprise assure les travaux terrestres qui incluent les couches d'accropodes et les enrochements. Elle suit avec attention la fabrication des blocs de béton assurée par GTM OA. Le procédé, lancé en août, est simple et se fait entièrement sur place. Le béton de masse simple, bas-carbone, est fabriqué puis coulé dans deux demi-coquilles symétriques en acier. Le démoulage est réalisé après un séchage de 18 heures.
«Le pic de fabrication se situe à 60 unités par jour» précise Clément Liegeon, conseiller qualité prévention environnement chez GTM OA. Lequel détaille ensuite l'utilisation de quatre aiguilles vibrantes, montées sur une pelle, lors du coulage pour parfaire la répartition du béton en toute sécurité pour le personnel. «Pour fabriquer la totalité des accropodes, il nous faudra 20 mois», estime Pierre Gauvain. La pose des premiers blocs de béton devrait avoir lieu en février 2027.
En parallèle, les opérations de dépollution pyrotechniques, visant au retrait des engins explosifs, se poursuivent sur 500 000 m². De son côté, la campagne géotechnique visant à définir les propriétés mécaniques des sols porteurs de l’ouvrage, s'est tenue de mai à août. Actuellement, «80 personnes travaillent sur le site, un chiffre qui devrait dépasser la centaine au plus fort du chantier» remarque Pierre Gauvain.
Pour Aletheia Press, Laetitia Brémont