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Choose France : 30 milliards d'euros d'investissements annoncés

Le sommet annuel, habituellement destiné aux investisseurs étrangers, a tenu, ce lundi à Paris, sa première édition consacrée aux entreprises françaises qui engagent leur expansion dans le pays... dans un contexte politique compliqué. 

Le sommet s'est clôturé à l'Elysée. © AFP
Le sommet s'est clôturé à l'Elysée. © AFP

Le sommet Choose France, grand-messe annuelle habituellement destinée aux investisseurs étrangers, a ouvert ce lundi 17 novembre à la Maison de la chimie à Paris sa première "édition France", en présence de Sébastien Lecornu, de la ministre des Comptes publics Amélie de Montchalin, et de près de 200 acteurs économiques et partenaires sociaux pour mettre à l'honneur les entreprises tricolores qui investissent dans le pays. La journée sera clôturée à l'Élysée.

Près de 30 milliards d'euros d'investissements français ont été égrainés, sur 151 projets. Sanofi a ouvert une enveloppe de 700 millions d'euros en 2025-2026. HoloSolis a, elle, a annoncé avoir sécurisé plus de 220 millions d'euros d'investissements publics et privés sur les 850 millions d'euros nécessaires à son projet de plus grande usine de panneaux solaires d'Europe, en Moselle. 

Data centers

Ceux à venir concernent surtout des centres de données : champion de la journée, OpCore (groupe Iliad, maison mère de l'opérateur Free) va investir 4 milliards d'euros dans un nouveau data center en Seine-et-Marne. Eclairion investira lui 2,5 milliards d'euros en Moselle, Sesterce 1,5 milliard en Auvergne-Rhône Alpes et Thésée 60 millions d'euros dans les Yvelines.

Roland Lescure, le locataire de Bercy, s'est pour sa part rendu sur un site de L'Oréal à Gauchy, dans l'Aisne. Le leader mondial de la beauté a annoncé un investissement de 60 millions d'euros dans son usine de parfum de luxe inaugurée en 1986. Ces trois dernières années, le groupe a investi 500 millions d'euros en France. La construction d'une usine Safran dans l'Ain, soit un investissement de plus de 450 millions d'euros à terme, sera également mise à l'honneur.

Patrons sous le choc budgétaire

Le climat d'instabilité politique pèse sur les décisions des dirigeants. 39% des TPE/PME prévoient d'investir cette année, le niveau le plus faible observé depuis la crise sanitaire. Le solde entre ouvertures ou extensions d'usines et fermetures est à peine positif (+9). Certains jugent AINSI qu'il y a urgence à rassurer des patrons choqués, ces dernières semaines, par l'avalanche de taxes sur les entreprises votées par les députés dans le cadre du budget : 53 milliards d'euros, selon les calculs du Medef.

Le Premier ministre Sébastien Lecornu s'y est employé en personne lors d'une table ronde dans l'après-midi, soulignant que certaines de ces taxes "n'auront jamais d'application". La bataille budgétaire n'est de toute façon pas finie et le Sénat pourrait bien détricoter une grande partie de ces taxes.

Alors que ce Choose France s’achevait lundi soir par un dîner à l'Elysée, en présence notamment du prix Nobel d'économie Philippe Aghion, ou des équipes chargées d'ouvrages des Jeux olympiques ou de restauration de Notre-Dame-de-Paris, symboles de succès français, l'économiste Sylvain Bersinger, du site Bersingéco, est plus amer: "Macron pourra en offrir, des petits fours aux chefs d'entreprise, pour faire oublier sa dissolution et la mélasse dans laquelle le pays patauge depuis".

Préférence européenne

Pourtant, a souligné Roland Lescure, les chiffres macroéconomiques sont encourageants, avec une croissance inattendue de 0,5% au troisième trimestre. La croissance annuelle devrait ainsi dépasser la prévision de 0,7% pour cette année. Malgré les attitudes commerciales sans concession des Etats-Unis et de la Chine, M. Lescure entrevoit cependant "un avant et un après" l'affaire de la vente de poupées sexuelles représentant des enfants sur la plateforme asiatique Shein. Il a constaté depuis "un véritable changement" à Bruxelles et une volonté accrue de réagir face à cette concurrence de la part de ses collègues européens jusqu'à, espère-t-il, une "préférence européenne" à l'avenir.