Banque de France
Christophe Maurel, directeur de la Banque de France de Meurthe-et-Moselle : «L’incertitude demeure importante»
Depuis un mois, Christophe Maurel est le nouveau directeur de la Banque de France en Meurthe-et-Moselle. Un département qu'il connaît bien et affectionne pour y avoir passé une partie de sa jeunesse et finalisé ses études supérieures. Interview exclusive.
Les dernières projections macroéconomiques nationales de la Banque de France, affichant notamment quelques surprises favorables en matière de projection de croissance, apparaissent dénoter avec le discours ambiant tenu par bon nombre de secteurs, comment l’expliquez-vous ?
D’un point de vue macroéconomique, il est certain que l’on peut paraître agréablement surpris sur les tendances économiques générales. Au global, c’est loin d’être facile mais cela se maintient. La récession annoncée par certains il y a un temps n’a pas eu lieu. Dans l’ensemble bon nombre d’entreprises sont bien capitalisées et peuvent faire face. L’incertitude, toujours accentuée par le manque inexorable de budget de l’État, demeure importante. Il semble qu’il ne faut pas grand-chose pour que les choses reprennent réellement. Aujourd’hui, tout demeure en stand-by et plusieurs investissements sont décalés. Les surprises favorables constatées sur l’activité pourraient constituer les premiers signes d’un rebond. Il faut juste que l’incertitude se lève !
La situation en Meurthe-et-Moselle est-elle dans la même veine que les prévisions nationales ?
Les indicateurs ne laissent pas présager une situation plus délicate que cela. Le chômage n’explose pas et il ne semble pas y avoir, d’un point de vue macroéconomique, de difficultés particulières. Fin décembre, nous avons réalisé, comme à notre habitude, avec plusieurs banquiers de la place, un point d’étape et les choses apparaissent stables. Les chefs d’entreprise demeurent attentistes. Nous présenterons prochainement, à la mi-février, notre enquête régionale sur les perspectives 2026.
Les défaillances d’entreprises sont tout de même en hausse ?
Elles concernent beaucoup de micro-entreprises qui se sont créées après la crise sanitaire. La période de trois ans est souvent un cap à franchir et certaines n’ont pas réussi à le franchir. La situation globale entraîne également un nombre un peu plus important d’Entreprise de taille intermédiaire (ETI) d’être en difficulté. Certains secteurs demeurent plus touchés que d’autres, à l’instar du bâtiment et certaines entreprises étaient déjà mal en point. Cela remet également en avant l’importance de la prévention à laquelle la Banque de France peut aiguiller les chefs d’entreprise vers les bons interlocuteurs. Le message est redondant mais il est nécessaire ne pas attendre qu’il soit trop tard. C’est souvent une décision délicate à prendre pour un dirigeant d’accepter de reconnaître ses difficultés mais des alternatives existent.
Déménagement en vue
Adieu les locaux historiques de la rue de Chanzy, cap vers le quartier-Saint Léon ! À la fin de l’année ou début 2027, la Banque de France de Meurthe-et-Moselle va s’installer dans un bâtiment à l’angle de l’avenue Foch. Des locaux plus adaptés pour la quarantaine de collaborateurs.