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Dossier thématique construction et immobilier

Construction bois la voie de l’avenir

Secteur stratégique pour la transition écologique, la construction bois continue sa progression mais peine encore à s’imposer dans le bâtiment. Son usage pourrait toutefois prendre l’ascendant, à condition de lever les freins.

© OPH de la Meuse
© OPH de la Meuse

En 2024, 18 250 logements ont été construits en bois, affichant certes une baisse de 17% mais moins prononcée que l’ensemble du secteur (-22%) alors que la part de marché du bois atteint 6,6%, en légère hausse par rapport à 2022. Les entreprises du secteur ont donc maintenu leur offre et sont parvenues à surmonter les difficultés d’une conjoncture dégradée grâce à l’augmentation des chantiers de plus grande envergure et en redéployant leur activité vers l’entretien-rénovation, selon la dernière enquête nationale de la construction bois, parue en juin 2025. Avec un chiffre d’affaires de 4,6 milliards d’euros en 2024, la construction bois enregistre une légère progression de 0,5% par rapport à 2022 avec toutefois des évolutions régionales contrastées. Présent sur la troisième marche du podium, le Grand Est s’appuie sur 169 entreprises pour un chiffre d’affaires de 270 millions d’euros. Si le neuf représente encore 71% de l’activité du secteur, l’entretien-rénovation affiche une croissance de 9%, portée par une demande croissante pour des solutions sobres en carbone. Autre tendance notable : la diversification des marchés. Longtemps centrée sur la maison individuelle, la filière bois s’impose désormais dans le logement collectif, avec 10 750 unités livrées en 2022, pour une progression de 12 % par rapport à 2020.

Une dynamique et des défis

Bien que globalement plus coûteuse de l’ordre de 30%, la construction bois s’industrialise et se démocratise. Une croissance qui bénéficie actuellement d’une dynamique en lien avec la réglementation environnementale RE 2020 qui impose la prise en compte du cycle de vie complet des bâtiments, favorisant les matériaux biosourcés comme le bois. Dans le gros œuvre, il permet d’ailleurs une réduction de 60% de l’empreinte carbone par rapport au béton. Reste qu’en France, la construction bois fait face à plusieurs défis conjoncturels qui ralentissent le secteur dans son ensemble mais aussi réglementaires, en lien avec les coûts induits par les normes incendie. D’autres problématiques sont structurelles pour une filière bois éclatée, qui s’appuie sur un grand nombre d’entreprises de petite taille, notamment au niveau de la première transformation, alors que, dans le bâtiment, le béton reste encore la norme. La consolidation de ce débouché constitue plus que jamais un enjeu de compétitivité économique pour la filière forêt-bois.

L’excellence bois

La Fondation Excellence Campus Bois est née officiellement le 15 décembre dans les Vosges, à Épinal, à l’initiative de l’Enstib en partenariat avec les trois laboratoires (Institut Jean Lamour, Lermab et Cran) ainsi que le Critt Bois. L’enjeu est de soutenir la transformation de la filière bois en renforçant les synergies entre formation, recherche, innovation et monde économique. C’est aussi une étape clef pour fédérer les acteurs publics, privés et académiques avec la volonté de diversifier les sources de financement et d’accompagner les projets stratégiques du développement du Campus Bois.