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Crèvecoeur-le-Grand : le futur pôle culturel végétalisé réorganisera le centre-ville

Pour beaucoup, Crèvecoeur-le-Grand se résume à son château, son église et sa foire aux puces qui draine 60 000 visiteurs chaque jeudi de l’Ascension. Loin d’être une belle endormie, elle va entamer la construction d’un pôle culturel végétalisé qui va réorganiser le fonctionnement de son coeur de ville. 



Fermé depuis 2021 et situé à une rue du centre ville, l’ancien collège Jehan-de-Fréron à Crevecoeur-le-Grand ne sera pas resté longtemps à l’abandon. Plusieurs projets vont voir le jour sur ses 16 000 m², dont le chantier va démarrer en 2027.

De son côté, la commune s’est tournée vers l’établissement public foncier local des territoires Oise et Aisne (Epflo) pour sécuriser et valoriser 8 000 m² acquis pour poursuivre le développement de l’attractivité de la commune. Les équipes d’Eiffage Construction, mandataire d’un groupement en conception-réalisation, piloteront la création d’un pôle culturel, véritable nouveau lieu de vie. Le cout est de plus de dix millions d’euros.

Il accueillera une médiathèque, qui se substituera à l’actuelle bibliothèque aménagée dans un ancien relai de poste, un auditorium, une salle polyvalente modulable, des espaces associatifs, des espaces de coworking. Cet équipement végétalisé pourra accueillir jusqu’à 1 500 personnes. Dix mois d’études et 21 mois de travaux sont prévus pour un démarrage de chantier programmé en 2027. Seront notamment rasés une école maternelle et un gymnase. 

Tout un cadre de vie va se dessiner : parvis, cheminements piétons, esplanade et des aménagements paysagers viendront recréer une centralité ouverte et conviviale, en lien direct avec le centre-bourg. «Nous avons une grande activité associative, explique le maire, Aymeric Bourleau, qui entame son deuxième mandat. Les équipements arrivent à saturation. Nous sommes obligés de refuser des locations pour des événements privés. Ce ne sera plus le cas. Je reconnais que nous avons été rapides sur ce dossier mais il le fallait». 

Une première pour une commune des Hauts-de-France 

Enfin, la performance environnementale constitue un axe structurant du projet : prise en compte de la biodiversité, production photovoltaïque, gestion des eaux pluviales… Les enjeux climatiques sont intégrés dès la conception et pour cause : «Le projet fait partie du programme national Puca qui repose sur une démarche de conception entièrement numérique, souligne le maire. Nous sommes la première collectivité des Hauts-de-France qui en bénéficie. Concrètement, toute la maquette du bâtiment est numérisée. Cela permettra notamment un entretien à long terme. S’il y a besoin d’intervenir par exemple sur les réseaux, on les retrouvera facilement même derrière une cloison». 

Sur une partie des 8 000 m² restants, l’OPAC va construire dix pavillons. Trente logements verront le jour dans deux nouveaux bâtiments et dans celui historique. Cela représentera au total une offre supplémentaire de 40 logements, dont une partie à destination des seniors et six inclusifs. L’hôpital psychiatrique de Clermont devrait ouvrir un hôpital de jour de 800 m2 sur deux niveaux dans un immeuble conservé. 

Autre projet : l’actuelle salle des fêtes voisine de l’hôtel de ville pourrait être démolie lorsque la salle polyvalente sera opérationnelle. L’ambition serait de pouvoir ériger des halles couvertes inspirées de celles qui s’y trouvaient et ont été bombardées en 1940. Pour cela, il faudra obtenir l’accord de l’architecte des bâtiments de France, déjà consulté pour la requalification du collège. Enfin, la commune, dont certains équipements publics sont très énergivores, à l’image de l’hôtel de ville, caresse l’espoir de pouvoir entamer la réalisation d’un réseau de chaleur urbain afin de gagner en efficacité et faire des économies.