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De jeunes parents jugés pour des violences mortelles sur leur bébé de deux mois

Ils comparaissent pour la mort de leur bébé de deux mois, un "nouveau-né martyrisé" selon l'accusation, décédé en 2023 après des violences répétées: le procès de deux jeunes parents s'est ouvert...
De jeunes parents sont jugés pour des violences mortelles sur leur bébé de deux mois © Damien MEYER

De jeunes parents sont jugés pour des violences mortelles sur leur bébé de deux mois © Damien MEYER

Ils comparaissent pour la mort de leur bébé de deux mois, un "nouveau-né martyrisé" selon l'accusation, décédé en 2023 après des violences répétées: le procès de deux jeunes parents s'est ouvert mercredi devant la cour d'assises des Pyrénées-Atlantiques.

La mère, aujourd'hui âgée de 21 ans, et le père, de 24 ans, sont accusés de "violences habituelles ayant entraîné la mort sans intention de la donner".

La petite Effie, née le 16 novembre 2022 au Pays basque, est décédée le 18 janvier 2023 à Hendaye (Pyrénées-Atlantiques). À son arrivée à l'hôpital, en état de dénutrition, elle présentait des hématomes, de nombreuses fractures et un état neurologique dégradé "au point de rendre tout geste neurochirurgical impossible". 

L'autopsie a mis en lumière deux épisodes relevant du syndrome du bébé secoué: un premier survenu au moins dix jours avant son décès et un second plus récent, trois ou quatre jours auparavant. Mais l'enfant était aussi victime de violences plus anciennes, volontaires et habituelles. 

Après s'être protégés l'un l'autre dans leurs premières déclarations, les deux parents s'accusent désormais mutuellement.

Pour l'accusation, la gravité des coups "illustre une véritable volonté de porter atteinte" à l'enfant, notamment lorsqu'elle pleurait, pour faire cesser "tout pleur ou gémissement".

Le père a reconnu devant les enquêteurs avoir tiré sa fille par les avant-bras, l'avoir pincée au visage, jetée en l'air ou attrapée par la gorge. Mais il accuse également la mère de violences. Celle-ci a notamment admis que la tête de sa fille avait pu tomber en arrière lorsqu'elle lui donnait le biberon.

Le père aurait aussi heurté violemment - mais involontairement, dit-il - la tête du bébé contre le montant du lit, deux jours avant sa mort.

Le rapport d'autopsie a conclu à une "mort violente" consécutive "à des traumatismes crâniens non accidentels, causés par des chocs et/ou contre des objets contondants ou contre un plan dur, ou des coups directs portés au niveau de l'extrémité céphalique".

Les accusés sont aussi jugés pour ne pas avoir porté assistance à une enfant décrite comme "en péril" par les experts médicaux.   

La jeune mère n'avait, en effet, appelé les secours qu'en début d'après-midi la veille de sa mort, alors que sa fille ne mangeait plus, ne dormait plus, était agitée de tremblements et avait les pupilles dilatées depuis près de 24 heures.

Le verdict est attendu vendredi.