Né en 2023, peu avant les Jeux Olympiques de Paris, le dispositif Du stade vers l’emploi de France Travail joue la carte de l’anonymat pour provoquer une rencontre inattendue entre candidats et recruteurs qui portent tous uniquement un dossard avec leur prénom. En baskets et en joggings, tous sont sur le même pied d’égalité. «Les activités sportives en équipe sont un prétexte le matin pour briser la glace», rappelle Yoan Uhrig, directeur de l’agence de Bar-le-Duc et à l’origine de ce rendez-vous mobilisateur. Si en 2024, la ligue d’athlétisme avait été sélectionnée, c’est la section handball de l'ASPTT qui est à la manœuvre cette année, avec pas moins de quinze bénévoles mobilisés accompagnés de quatorze conseillers France Travail pour un réveil musculaire puis des ateliers propices à l’esprit d’équipe, à l’écoute et à la persévérance. «Tout est réuni pour se découvrir autrement», estiment les organisateurs, heureux de casser les codes du recrutement traditionnel. Une initiative qui a su séduire près de cent demandeurs d’emploi préparés en amont et vingt-cinq entreprises issues du bâtiment, des services à la personne, de l’industrie ou encore de l’intérim qui ont accepté de jouer le jeu au cours d’une journée dédiée à l’insertion professionnelle et au sport.
Quel impact pour cette autre façon de candidater ?
Après les ateliers ludiques du matin et un repas collectif, tous ont tombé les masques l’après-midi mais en restant en tenue de sport. Le contexte permet de détendre l’atmosphère, sans l’appréhension habituelle d’un speed dating. D’ailleurs, les CV ne sont pas admis, seuls les contacts directs priment pour cette démarche innovante qui a fait ses preuves. Près de soixante offres d’emploi étaient recensées, mais combien seront-elles pourvues ? «Il est toujours difficile de mesurer l’impact de nos actions, mais pour la première fois nous nous sommes dotés d’un nouvel outil pour avoir justement ce suivi à trois puis à six mois», explique le directeur de France Travail, satisfait de cette journée qui devrait ensuite se poursuivre par des immersions professionnelles et des entretiens plus conventionnels, démontrant qu’il existe désormais une autre façon de candidater, sans stresser.