En bref

Deux députés RN et un LFI sanctionnés pour leur comportement à l'Assemblée

Le bureau de l'Assemblée nationale a prononcé mercredi trois rappels à l'ordre, à l'encontre des députés du Rassemblement national Laurent Jacobelli et Frédéric-Pierre Vos, ainsi que du député de La France insoumise Antoine Léaument, a...
La présidente de l'Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, lors d'une séance de questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, le 18 février 2026 à Paris © STEPHANE DE SAKUTIN

La présidente de l'Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, lors d'une séance de questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, le 18 février 2026 à Paris © STEPHANE DE SAKUTIN

Le bureau de l'Assemblée nationale a prononcé mercredi trois rappels à l'ordre, à l'encontre des députés du Rassemblement national Laurent Jacobelli et Frédéric-Pierre Vos, ainsi que du député de La France insoumise Antoine Léaument, a annoncé la présidence de l'Assemblée dans un communiqué.

Ces rappels à l'ordre avec inscription au procès-verbal entraînent la privation, durant un mois, du quart de l'indemnité parlementaire allouée à chaque élu. 

Le bureau de l'Assemblée, sa plus haute instance exécutive qui est composée de députés, s'est réuni mercredi matin et a "décidé collectivement" de prononcer ces sanctions, selon le communiqué. 

M. Jacobelli, député de Moselle, écope de cette sanction "pour des injures et provocations, ayant généré une scène tumultueuse et gravement perturbé le déroulement de la séance", de même source. 

Les faits reprochés se sont déroulés fin janvier, pendant la journée réservée aux propositions de loi des Républicains, lors d'un débat autour d'une résolution appelant à inscrire les Frères musulmans sur la liste européenne des organisations terroristes.

"Les Frères musulmans veulent lapider les homosexuels, et bien, si vous voulez lapider les homosexuels, votez LFI", avait déclaré M. Jacobelli. Dans une ambiance délétère, les groupes de gauche avaient alors réclamé que le bureau soit saisi. 

"Je maintiens intégralement mes propos", a réagi mercredi M. Jacobelli dans un communiqué, dénonçant une "atteinte manifeste à la liberté d'expression parlementaire" et martelant qu'il continuerait "à dénoncer La France Insoumise avec détermination". 

Le même jour, le député LFI Antoine Léaument, élu dans l'Essonne, était descendu vers le bas de l'hémicycle après s'être fait couper le micro par le président de séance Sébastien Chenu (RN), en protestant vivement et en le pointant du doigt. 

"Je saisis le bureau pour vos menaces physiques", avait alors déclaré M. Chenu. 

Selon le compte rendu de la séance, hors micro, M. Léaument avait lancé à M. Chenu "Descendez et venez discuter avec moi!"

Sanction politique

Démentant toutes menaces physiques, M. Léaument a fait valoir qu'il s'était depuis excusé de s'être "agacé" auprès de M. Chenu. 

"C'est une sanction politique, pour faire un partout la balle au centre, regardez on a puni le RN, on a puni LFI", a-t-il ajouté auprès de l'AFP. 

Le député LFI a reçu un rappel à l'ordre "pour outrage et provocation envers le président de séance". 

Le député de l'Oise Frédéric-Pierre Vos avait lui provoqué un tollé en mentionnant ironiquement le génocide des Tutsi au Rwanda lors des débats budgétaires mi-janvier. 

"La résistance à l'oppression, c'est de ne pas confondre égalité et égalitarisme et vous transformer en Tutsi pour couper les Hutu sous prétexte qu'ils étaient plus grands", avait-il lancé. 

"Comparer le fait de vouloir la juste contribution des Français à un génocide où des gens ont été tués à la machette, c'est inadmissible", avait immédiatement réagi la présidente du groupe Écologiste et social, Cyrielle Chatelain.

Sa sanction a été prononcée "pour outrances ayant suscité un tumulte dans l'hémicycle et donné lieu à plusieurs rappels au Règlement", selon le communiqué de la présidence de l'Assemblée. 

Dans une déclaration transmise à l'AFP, M. Vos a expliqué qu'il "n'avait pas l'intention de choquer" mais "l'interprétation des propos a fait dériver le débat sur une prétendue négation du génocide". "L'immunité parlementaire nous donne un droit de liberté de parole", a-t-il également souligné.