Emmanuel Macron est arrivé mardi à Lyon où il interviendra lors d'un sommet international organisé par la France, autour de thématiques "One Health", un concept visant à réunir santé et environnement autour d'une approche commune.
"On ne peut pas traiter tous ces sujets de manière séparée et c'est l'enjeu de ce sommet", a expliqué l'Elysée à la presse. "Si on veut améliorer durablement la santé des humains, il faut améliorer la santé de notre planète".
Ce sommet a débuté lundi, avec un colloque réunissant des centaines de scientifiques.
"En réunissant l'ensemble des disciplines et des expertises, nous avons posé les bases d'une approche véritablement intégrée de la santé, capable de répondre aux défis sanitaires contemporains", a estimé Philippe Baptiste, le ministre de la Recherche, dans un communiqué.
Mais c'est la journée de clôture, mardi, qui s'annonce la plus politique, avec la présence sur place de M. Macron.
Depuis le début de sa présidence en 2017, le chef de l'Etat a régulièrement organisé des sommets "One Planet" pour aborder des thématiques environnementales au niveau international. Celui-ci est le premier consacré aux sujets "One Health".
Cette approche, en plein essor depuis plusieurs années dans le monde de la santé publique, vise à aborder simultanément des enjeux sanitaires aux niveaux humain, animal et environnemental, prenant acte de leur interdépendance.
Au programme, trois grands axes: l'amélioration de la coopération internationale - partage de données, recherche... -, la lutte contre les maladies infectieuses d'origine animale, rendue emblématique par la pandémie de Covid, et celle contre des pathologies auxquelles l'environnement peut contribuer, comme le diabète ou les maladies cardiovasculaires.
L'ampleur du sommet reste toutefois limitée au niveau des Etats participants, dont le nombre s'est peu à peu réduit au fil des événements "One Planet".
Cette fois, les ministres d'une vingtaine de pays sont présents, notamment lors de sessions thématiques le mardi matin. Au programme: maladies transmises des animaux à l'humain, résistance aux antibiotiques, alimentation et pollutions.
Au plus haut niveau, le sommet accueille les dirigeants de quatre pays, mis à part M. Macron: le Botswana, le Cambodge, le Ghana et la Mongolie.
Un sommet à contretemps ?
"L'après-midi on aura cette séquence vraiment de haut niveau avec les chefs d'Etat", a résumé l'Elysée. M. Macron participera d'abord à une réunion sur "la réforme de l'architecture de la santé mondiale", avec notamment l'Organisation mondiale de la santé (OMS), puis interviendra publiquement à plusieurs reprises, dont la clôture du sommet en fin de journée.
Pour quelle issue concrète? L'Elysée a admis que le sommet se tenait dans un contexte "où le multilatéralisme est assez challengé" sur fond notamment de guerre au Moyen-Orient.
"Les questions sécuritaires sont au coeur de l'agenda (et) les questions sanitaires vont devoir trouver leur place dans tout cela", a reconnu la présidence de la République.
La France tient, par ailleurs, ce sommet au moment même où elle réduit fortement ses financements à la santé mondiale, comme de multiples pays développés, à commencer par les Etats-Unis sous la présidence de Donald Trump.
"Il y a un contexte budgétaire qui est très compliqué", mais "ce sommet n'est pas du tout incohérent", s'est justifié l'Elysée, alors que plusieurs ONG accueillent fraîchement ce sommet.
A Lyon, devant l'Hôtel de Ville, une poignée de militants d'associations emblématiques de la lutte contre le VIH comme Aides ou le Sidaction se sont mobilisés avec casseroles et sifflets mardi midi pour interpeller le chef de l'Etat et dénoncer la baisse d'un milliard d'euros de la contribution française au Fonds mondial contre le sida, la tuberculose et le paludisme.
M. Macron "vient parader" au sommet One Health, tacle Jonathan Quard Cabbia auprès de l'AFP, président de Aides Auvergne-Rhône-Alpes, dénonçant "un décalage qui est complètement révoltant" entre le sommet et "les coupes budgétaires" qui, selon lui, mettent en danger la vie "d'un million de personnes".
"Depuis 30 ans, on a toujours avancé" dans la lutte contre le VIH. "Pour la première fois aujourd'hui, on recule et c'est absolument insupportable", a pointé Florence Thune, directrice du Sidaction.