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Face à la crise, le gouvernement renforce les aides

Le gouvernement renforce ses aides financières aux professionnels pour contrer la hausse des prix de l'énergie qui s'installe. En parallèle, il les encourage à investir dans le cadre de son plan d’électrification.


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 Il était attendu. Le 21 avril, Sébastien Lecornu, Premier ministre, a annoncé un élargissement du dispositif d'aide aux professionnels impactés par la hausse du prix de l'énergie née de la crise au Moyen Orient. 2,9 millions de « grands rouleurs » aux revenus modestes, comme des aides soignants, sont concernés par le nouveau dispositif. Il s'agit d'une « une aide forfaitaire de 50 euros par personne pour cette première durée de trois mois» (avril, mai et juin) », a précisé Maud Bregeon, porte-parole du gouvernement et ministre chargée de l’Energie, sur CNews et Europe 1, le lendemain. L'aide sera attribuée sur la base d'une déclaration réalisée sur le site Internet des impôts ou via une application disponible d'ici la fin mai. La population concernée : les professionnels utilisant leur véhicule pour rouler au moins 8 000 kilomètres par an ou ayant 15 kilomètres à parcourir entre leur domicile et leur lieu de travail. Et à condition que leurs revenus les classent parmi les 50% de Français les plus modestes. Par exemple, une personne seule qui gagne moins de 17 000 euros par an, pourra bénéficier de l'aide.

Autre nouvelle mesure, les entreprises de moins de 20 salariés du secteur du BTP s’ajoutent aux professionnels aidés sous la forme d'une aide forfaitaire qui couvrirait l'équivalent de 20 centimes par litre de GNR, gazole non routier. Sébastien Lecornu a également confirmé la prolongation – et même l'amplification- des dispositifs mis en place le 27 mars. Les aides pour les transporteurs sont prolongées et des discussions sont en cours pour les étendre à d'autres professions (taxis et VTC). Les aides aux pêcheurs sont également prolongées. Leur montant pourrait même passer de 20 à 30 centimes au moins par litre de GNR, sous réserve de l'approbation par la Commission européenne. Fin mars, les agriculteurs avaient été aidés pour faire face à l'augmentation des coûts du carburant, mais aussi des engrais via plusieurs dispositifs (une prise en charge de leurs cotisations sociales à hauteur de 20 millions d’euros, et une exonération de taxe sur le GNR agricole à hauteur de 14 millions d’euros ). Cette dernière aide, qui correspondait à une baisse de 4 centimes d 'euros par litre, a été triplée. Selon le ministère de l'Agriculture, le soutien direct aux agriculteurs s'élève à près de 90 millions d’euros depuis le début de la crise.

Achat de fours et VUL électriques

En complément de ces aides financières, le 10 avril dernier, Sébastien Lecornu a affirmé sa volonté d'engager une « nouvelle étape de la stratégie énergétique française », marquée par un « soutien à l'électrification des usages ». Ceux de « l'industrie, l'artisanat et l'agriculture » et la « mobilité » font partie des axes stratégiques du plan. A ce titre, plusieurs des 22 mesures prévues s'adressent aux PME. Au chapitre « mobilité », en particulier, le plan prévoit un renforcement du soutien à l'achat de VUL, véhicules utilitaires légers électriques pour les artisans et professionnels, à partir du 1er juin prochain. Les aides pourront atteindre 9 500 € pour les très grands VUL électriques, à condition qu'ils soient fabriqués en Europe. Quant aux « grands rouleurs » professionnels , ils bénéficient d'une aide à l'achat d'un véhicule électrique qui pourra aller jusqu'à 7 700 € pour un véhicule éco-scoré et dont la batterie est fabriquée en Europe. Conditions : un revenu modeste, ne pas bénéficier de la location sociale, une distance annuelle minimale de transport de 12 000 km/an. Les 50 000 véhicules prévus seront disponibles au plus tard à l'automne.

D'autres mesures sont sectorielles. Une enveloppe de 16 millions d'euros est consacrée à un appel à projet destiné à financer des projets d'électrification d'entreprises artisanales (achat de four ou rôtisseries électriques...) En outre, Bpifrance, la banque publique d'investissement, lancera un prêt « Action élec ta boîte », sans garantie et remboursable sur une durée de trois à sept ans, pour financer ce type de dispositif. Parmi les autres mesures, 50 millions d'euros sont prévus dans le cadre d'un appel à projet pour l'achat d'engins électriques de chantier ( produits en France ou en Europe). Le dispositif vise l'acquisition de 1 000 engins fabriqués en Europe. Serres maraîchères et horticoles seront accompagnées, afin qu’elles s' équipent de pompes à chaleur.

Au total, le plan prévoit un financement à hauteur de 10 milliards d’euros d’ ici 2030, soit un quasi-doublement des montants initialement prévus. Mais sans dépense publique supplémentaire, a promis Sébastien Lecornu. Pour l'essentiel, le financement nouveau sera assuré par les CEE, certificats d'économie d'énergie, payés par les fournisseurs d'énergie, dont le montant a été fortement augmenté en 2026.