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Fermeture d'Indorama à Longlaville : 165 emplois menacés en Meurthe-et-Moselle

Le géant thaïlandais de la pétrochimie a annoncé son intention de fermer son usine de production de fils de polyester à Longlaville (Meurthe-et-Moselle). Entre concurrence asiatique et volumes de production en chute libre, le territoire craint un nouveau «choc social majeur».

© Indorama Ventures.

© Indorama Ventures.

Le couperet est tombé ce lundi 2 mars pour les salariés du Pays-Haut. La direction d’Indorama Ventures a officialisé son projet de cessation d’activité sur son site de Longlaville, situé près de Mont-Saint-Martin. Spécialisée dans la fabrication de fils de polyester haute performance pour l’industrie pneumatique, l’usine emploie actuellement 165 personnes.

Malgré des investissements de plusieurs dizaines de millions d’euros consentis depuis le rachat du site en 2017, la direction justifie cette décision par une dégradation brutale de la compétitivité. Face à une concurrence asiatique agressive et des coûts de production européens élevés, les carnets de commandes se sont vidés. Pour l'année en cours, le groupe prévoit des volumes de production «historiquement bas», rendant, selon lui, l'exploitation du site non viable.

Une procédure de recherche de repreneur a été lancée parallèlement à la consultation des représentants du personnel pour un Plan de Sauvegarde de l’Emploi (PSE).

Une mobilisation politique immédiate

L’annonce a suscité une vive controverse dans une région historiquement marquée par les restructurations industrielles. Véronique Guillotin, sénatrice de Meurthe-et-Moselle, a immédiatement interpellé le ministre de l’Industrie, Sébastien Martin.

«Ce sont des familles, des sous-traitants et plus largement tout un équilibre économique local qui se trouveraient fragilisés. Dans un territoire déjà exposé aux mutations industrielles, une telle fermeture représenterait un choc social majeur», alerte l’élue dans un courrier daté du 4 mars.

Véronique Guillotin appelle l’État à une mobilisation totale pour explorer toutes les pistes de maintien de l’activité, rappelant la proximité stratégique de la future usine Carbios, fleuron du recyclage textile.

La crainte d'une «catastrophe sociale»

Pour les organisations syndicales, l’urgence est de mise. Le savoir-faire des 165 salariés est au cœur des préoccupations alors que le bassin d'emploi pourrait perdre l'un de ses piliers.

«Le temps est compté. Il faut tout mettre en œuvre pour préserver l’emploi et le savoir-faire industriel. Sans réaction rapide, nous risquons une nouvelle catastrophe sociale dans le département», prévient Jawad Mahjoubi, secrétaire général de l’Union départementale CGT de Meurthe-et-Moselle.

Si aucun repreneur n'est identifié dans les prochains mois, le démantèlement du site pourrait marquer la fin d'une ère industrielle pour Longlaville, laissant 165 salariés dans l'attente de solutions de reclassement ou de reconversion.