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FFB Oise : des voeux sous le signe d'un combat uni de l'économie locale

Cette année, les vœux de la Fédération française de bâtiment (FFB) de l'Oise, organisés à Compiègne le 8 janvier, ont été inédits tant par le discours que par le rassemblement des forces économiques locales. À bout de nerfs, le président de la FFB de l'Oise à rappelé la situation critique dans laquelle se trouve le secteur mais surtout les entreprises de façon générale. Un discours qui a fait écho à toutes les fédérations et interprofessions du département.

 (De g. à dr) Philippe Morin, président Medef Oise, Jérôme Segaert, représentant de Présoa BTP, Sébastien Pain, VP CPME Oise, François Maniette, président de la FFB Aisne, Loïc Lelu, président de la FFB de l'Oise, Luc Smessaert, président de la chambre agriculture de l'Oise et Morgan Isaac, président de la CMA de l'Oise.
(De g. à dr) Philippe Morin, président Medef Oise, Jérôme Segaert, représentant de Présoa BTP, Sébastien Pain, VP CPME Oise, François Maniette, président de la FFB Aisne, Loïc Lelu, président de la FFB de l'Oise, Luc Smessaert, président de la chambre agriculture de l'Oise et Morgan Isaac, président de la CMA de l'Oise.

C'est l'année de l'union des forces économiques locales, dont l'ambition est de défendre les entreprises qui évoluent dans un contexte contraint, tant sur le plan économique qu'administratif. Les vœux de l'année 2026 de la FFB de l'Oise ont été inédits : après l'inquiétude, le désarroi et la colère, la place est désormais faite à la gravité et au pessimisme. «Je suis d'un naturel optimiste mais cependant, aujourd'hui, je me présente avant tout comme le porte-parole de nombreuses voies très inquiètes face à une situation que nous devons qualifier de critique», a commencé son discours Loïc Lelu, président de la FFB de l'Oise.

Si le secteur du BTP connaît des crises successives depuis cinq ans, le président de la FFB Oise pointe surtout les décisions du gouvernement qui mettent à mal les entreprises. Entre taxes, impôts et lourdeurs administrative, ces décisions pèsent désormais très lourdement sur les épaules des dirigeants, toujours résilients mais qui commencent à être à bout de souffle. «Nous faisons face à des contraintes sans précédent, qui mettent en péril l'avenir de nos entreprises et par extension celui de notre secteur tout entier», continue d'exprimer Loïc Lelu. Et le président fournit la preuve par les chiffres: si le BTP représente 8% du PIB français, en 2025, selon les prévisions de l'Insee, les activités du BTP peine à arriver à 5%. Et dans l'Oise, la construction de logements neufs a chuté de 25%, entre 2021 et 2025. «Depuis près d'un an, nos gouvernements, ministres et parlementaires tergiversent entre annonces et belles promesses sans qu'aucun changement significatif n'émergent», continue-t-il.

Dans un contexte politique instable et un contexte économique incertain, les entreprises doivent déjà s'adapter et se réinventer, et si elles y arrivent, elles sont cependant désormais heurtées et étouffées par la limite de l'entrepreneuriat fixée par le gouvernement, qui, pour les différentes fédérations et interprofessions locales, n'écoute pas les réalités du terrain et ne croit pas assez en la capacité des entreprises à façonner leur propre destin. «Nous constatons une montée des difficultés comme des réglementations de plus en plus contraignantes, des dispositifs gouvernementaux qui finalement ne sont que des handicaps, des trésoreries en baisse, des délais de paiement qui s'allongent», a énuméré Loïc Lelu. Pour ce dernier, ces contraintes, lié au contexte, plongent l'économie locale dans une crise «qui menace directement la pérennité de nos activités, de nos entreprises, de nos salariés mais également un pan entier de l'économie».

Les entreprises du BTP étouffées

De ces constats, le président de la FFB Oise, avec les voix des différentes fédérations et interprofessions locales, met en lumière le manque d'oxygène des entreprises qui sont au bord de l'asphyxie. Pour exemples, Loïc Lelu pointe également deux dispositifs qui ont échoué. D'abord, La Responsabilité élargie du producteur (REP) - le principe selon lequel les entreprises qui mettent des produits sur le marché sont responsables de leur impact environnemental tout au long de leur vie, de la conception jusqu’à la fin de vie – qui «promettait d'être un dispositif vertueux, qui permettait aux entreprises de trier leurs déchets dans un objectif de réemploi mais aujourd'hui, ce dispositif alourdit les contributions avec un déploiement et une qualité de services déplorables, a exprimé le président de la FFB Oise. Avec un lobby sans précédent, les entreprises sont devenues les vaches à lait».

Pour étayer ses propos, Loïc Lelu est aussi revenu sur la PrimeRénov, le dispositif permettant de favoriser la rénovation thermique des bâtiments, qui a connu 16 modifications de texte depuis sa mise en place en 2020. «Tout cela a créé une confusion pour les entreprises et les traitements des dossiers sont devenus déraisonnables. Ce dispositif devait relancer notre secteur, il a en réalité totalement perdu nos entreprises», a continué le président de la FFB Oise.

Une économie locale au combat

De ce discours découle une colère et un combat... et une union des forces économiques locales. Ensemble, ils ont émis les difficultés de leur quotidien de chef d'entreprise. «À la CPME Oise, nous rejoignons le discours de la FFB Oise, a témoigné Sébastien Pain, vice-président à la CPME Oise. Les priorités sont claires : renforcer la compétitivité des entreprises en réduisant le coût du travail, accompagner les transitions, sécuriser l'environnement entrepreneurial et alléger les contraintes. Ensemble, nous pouvons transformer ces contraintes en opportunité». Du côté du Medef Oise, Philippe Morin, le président, fait le constat que tous les secteurs sont ébranlés, et la faute aux politiques : «Nos gouvernants n'ont pas du tout conscience de ce qu'il se passe. Aujourd'hui, l'entreprise ne doit pas être la variable d'ajustement et c'est ce qu'il se passe».

Pour la Chambre des métiers et de l'artisanat de l'Oise, les difficultés économiques sont les mêmes. Mogan Isaac, le président, appelle les politiques à venir sur le terrain pour se rendre compte de la réalité. «Et il faut bien lire les chiffres : on enregistre une hausse des entreprises de l'artisanat, passant de 15 000 à 21 000 mais 70% sont des micro-entreprises, ce qui déstabilise l'économie et le commerce de proximité». Dans son intervention, Morgan Isaac souffle la même colère : «Quand une plateforme Amazon vient sur le territoire, cela détruit des emplois pour le commerce de proximité. Donc, quand on nous dit que tout va bien, ce n'est pas vrai ». Paroles à cœur ouvert, le président de la CMA de l'Oise reste objectif sur la situation qu'il vit au quotidien, lui qui est fleuriste. «À chaque fois que l'on ouvre une porte, il y a des changements, il faut tout recommencer. J'en ai raz-le-bol des Powerpoint avec des chiffes qui sont toujours les mêmes. J'en ai marre que personne ne nous écoute».

Lors de ces vœux, chaque intervention des forces économiques locale a été libre, forgée finalement du même constat, tant la situation critique pour un secteur est devenue arborescente, commençant à ébranler le tissu économique local. Ces vœux du début d'année qui ont rassemblé ce tissu économique local, marque une colère qui ne cesse d’accroître et prévoit une année 2026 qui sera davantage combative.