FFB Oise : des voeux sous le signe d'un combat uni de l'économie locale
Cette année, les vœux de la Fédération française de bâtiment (FFB) de l'Oise, organisés à Compiègne le 8 janvier, ont été inédits tant par le discours que par le rassemblement des forces économiques locales. À bout de nerfs, le président de la FFB de l'Oise à rappelé la situation critique dans laquelle se trouve le secteur mais surtout les entreprises de façon générale. Un discours qui a fait écho à toutes les fédérations et interprofessions du département.
C'est l'année de
l'union des forces économiques locales, dont l'ambition est de
défendre les entreprises qui évoluent dans un contexte contraint,
tant sur le plan économique qu'administratif. Les vœux de l'année
2026 de la FFB de l'Oise ont été inédits : après
l'inquiétude, le désarroi et la colère, la place est désormais
faite à la gravité et au pessimisme. «Je suis d'un naturel
optimiste mais cependant, aujourd'hui, je me présente avant tout
comme le porte-parole de nombreuses voies très inquiètes face à
une situation que nous devons qualifier de critique», a commencé
son discours Loïc Lelu, président de la FFB de l'Oise.
Si le secteur du
BTP connaît des crises successives depuis cinq ans, le président de
la FFB Oise pointe surtout les décisions du gouvernement qui mettent
à mal les entreprises. Entre taxes, impôts et lourdeurs
administrative, ces décisions pèsent désormais très lourdement
sur les épaules des dirigeants, toujours résilients mais qui commencent à être à bout de souffle. «Nous faisons face à des
contraintes sans précédent, qui mettent en péril l'avenir de nos
entreprises et par extension celui de notre secteur tout entier»,
continue d'exprimer Loïc Lelu. Et le président fournit la preuve
par les chiffres: si le BTP représente 8% du PIB français, en 2025,
selon les prévisions de l'Insee, les activités du BTP peine à
arriver à 5%. Et dans l'Oise, la construction de logements neufs a
chuté de 25%, entre 2021 et 2025. «Depuis près d'un an, nos
gouvernements, ministres et parlementaires tergiversent entre
annonces et belles promesses sans qu'aucun changement significatif n'émergent», continue-t-il.
Dans un contexte
politique instable et un contexte économique incertain, les
entreprises doivent déjà s'adapter et se réinventer, et si elles y
arrivent, elles sont cependant désormais heurtées et étouffées
par la limite de l'entrepreneuriat fixée par le gouvernement, qui,
pour les différentes fédérations et interprofessions locales, n'écoute pas les
réalités du terrain et ne croit pas assez en la capacité des
entreprises à façonner leur propre destin. «Nous constatons une
montée des difficultés comme des réglementations de plus en plus
contraignantes, des dispositifs gouvernementaux qui finalement ne
sont que des handicaps, des trésoreries en baisse, des délais de
paiement qui s'allongent», a énuméré Loïc Lelu. Pour ce
dernier, ces contraintes, lié au contexte, plongent l'économie locale dans une crise
«qui menace directement la pérennité de nos activités, de nos
entreprises, de nos salariés mais également un pan entier de
l'économie».
Les entreprises du BTP étouffées
De
ces constats, le président de la FFB Oise, avec les voix des
différentes fédérations et interprofessions locales, met en lumière le manque
d'oxygène des entreprises qui sont au bord de l'asphyxie. Pour
exemples, Loïc Lelu pointe également deux dispositifs qui ont
échoué. D'abord, La Responsabilité élargie du producteur (REP) -
le principe selon lequel les entreprises qui mettent des
produits sur le marché sont responsables de leur impact
environnemental tout au long de leur vie, de la conception jusqu’à
la fin de vie – qui «promettait d'être un dispositif vertueux, qui permettait aux entreprises de trier leurs déchets dans un
objectif de réemploi mais aujourd'hui, ce dispositif alourdit les
contributions avec un déploiement et une qualité de services
déplorables, a exprimé le président de la FFB Oise. Avec un
lobby sans précédent, les entreprises sont devenues les vaches à
lait».
Pour étayer ses propos, Loïc Lelu est
aussi revenu sur la PrimeRénov, le dispositif permettant de
favoriser la rénovation thermique des bâtiments, qui a connu 16
modifications de texte depuis sa mise en place en 2020. «Tout
cela a créé une confusion pour les entreprises et les traitements
des dossiers sont devenus déraisonnables. Ce dispositif devait
relancer notre secteur, il a en réalité totalement perdu nos
entreprises», a continué le
président de la FFB Oise.
Une économie locale au combat
De
ce discours découle une colère et un combat... et une union des
forces économiques locales. Ensemble, ils ont émis les difficultés
de leur quotidien de chef d'entreprise. «À la CPME Oise, nous rejoignons le discours de la FFB Oise,
a témoigné Sébastien Pain, vice-président à la CPME Oise. Les
priorités sont claires : renforcer la compétitivité des
entreprises en réduisant le coût du travail, accompagner les
transitions, sécuriser l'environnement entrepreneurial et alléger
les contraintes. Ensemble, nous pouvons transformer ces contraintes
en opportunité». Du côté du
Medef Oise, Philippe Morin, le président, fait le constat que tous
les secteurs sont ébranlés, et la faute aux politiques : «Nos
gouvernants n'ont pas du tout conscience de ce qu'il se passe.
Aujourd'hui, l'entreprise ne doit pas être la variable d'ajustement
et c'est ce qu'il se passe».
Pour
la Chambre des métiers et de l'artisanat de l'Oise, les difficultés
économiques sont les mêmes. Mogan Isaac, le président, appelle les
politiques à venir sur le terrain pour se rendre compte de la
réalité. «Et il faut bien lire les chiffres : on
enregistre une hausse des entreprises de l'artisanat, passant de 15
000 à 21 000 mais 70% sont des micro-entreprises, ce qui déstabilise
l'économie et le commerce de proximité».
Dans son intervention, Morgan Isaac souffle la même colère :
«Quand une plateforme Amazon vient sur le territoire, cela
détruit des emplois pour le commerce de proximité. Donc, quand on
nous dit que tout va bien, ce n'est pas vrai ».
Paroles à cœur ouvert, le président de la CMA de l'Oise reste
objectif sur la situation qu'il vit au quotidien, lui qui est
fleuriste. «À chaque fois que l'on ouvre une porte, il y
a des changements, il faut tout recommencer. J'en ai raz-le-bol des
Powerpoint avec des chiffes qui sont toujours les mêmes. J'en ai
marre que personne ne nous écoute».
Lors
de ces vœux, chaque intervention des forces économiques locale a
été libre, forgée finalement du même constat, tant la situation critique pour un secteur est devenue arborescente, commençant à ébranler le tissu économique local.
Ces vœux du début d'année qui ont rassemblé ce tissu économique
local, marque une colère qui ne cesse d’accroître et prévoit une
année 2026 qui sera davantage combative.