En bref

Forêts de Bourgogne-Franche-Comté : trois trajectoires possibles à l’horizon 2040

Une étude prospective régionale explore l’avenir des forêts de Bourgogne-Franche-Comté à l’horizon 2040. Elle met en évidence une ressource forestière fragilisée par le climat, les insectes ravageurs et les tensions économiques, tout en dessinant plusieurs scénarios d’évolution possibles pour la filière bois.

© Bourgogne Tourisme.

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L'étude, publiée par la DRAAF, dévoile que les forêts de Bourgogne-Franche-Comté couvrent plus de 1,7 million d’hectares et jouent un rôle écologique majeur, notamment comme puits de carbone. Elles soutiennent aussi une filière économique importante, représentant environ 20 000 emplois et une part significative de la production nationale de bois. Pourtant, la dynamique est en recul. Entre 2020 et 2024, la production naturelle de bois a diminué d’environ 25%, sous l’effet combiné des sécheresses répétées et des attaques d’insectes ravageurs comme les scolytes.

Les territoires du Jura, du Morvan, du Val de Saône et du Fossé Bressan apparaissent particulièrement exposés. Les projections indiquent une baisse possible de la disponibilité en bois à l’horizon 2040, pouvant atteindre jusqu’à 30% dans le Morvan si les tendances actuelles se poursuivent. Cette évolution s’explique par une dégradation progressive de l’état sanitaire des peuplements et par des choix de gestion encore centrés sur la production industrielle et le bois-énergie. Dans ce contexte, les auteurs soulignent l’absence de stratégie stabilisée, qui limite les investissements et fragilise les perspectives de long terme.

Des scénarios contrastés pour l’avenir

Face à ces incertitudes, l’étude propose plusieurs trajectoires possibles. La première repose sur une spécialisation accrue des territoires forestiers, avec une orientation par essence dominante. Ce modèle nécessiterait des financements importants et apparaît difficile à maintenir dans certaines zones déjà fragilisées, notamment dans le Jura.

Une deuxième option envisage une transformation plus profonde de la gestion forestière. Elle repose sur une diversification des essences, notamment par le retour de feuillus mieux adaptés aux conditions climatiques futures. Ce scénario est présenté comme plus résilient face aux aléas climatiques et susceptible de réduire les tensions entre usages économiques et enjeux environnementaux, mais il implique une refonte lourde des pratiques actuelles.

Enfin, une troisième trajectoire met l’accent sur la préservation de la biodiversité, avec un ralentissement assumé de l’exploitation forestière. Elle suppose toutefois de compenser la baisse d’activité par de nouvelles sources de revenus, notamment liées au tourisme ou à des services environnementaux. L’étude souligne que ces différentes orientations ne sont pas exclusives et pourraient être combinées de manière progressive selon les territoires.

Dans l’ensemble, le rapport met en avant une idée centrale : la forêt régionale pourrait basculer d’une ressource abondante à une ressource sous tension, ce qui impose dès aujourd’hui des choix structurants pour éviter des ajustements subis à l’avenir.