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Glass Vallée : «Personne ne restera sur le carreau»

Jenniver, Normov et B.M.V… En quelques semaines, trois entreprises sous-traitantes de la Glass Vallée ont été liquidées. Le président de la Glass Vallée, Stéphane Franconville, a annoncé la tenue d'un forum de l’emploi à Longroy le 27 janvier pour aider au reclassement des salariés.

Stéphane Franconville, PDG de Méca Glass Group et président de la Glass Vallée. (Photo d’archives I.B.)
Stéphane Franconville, PDG de Méca Glass Group et président de la Glass Vallée. (Photo d’archives I.B.)

Spécialisée dans le tri de verre, l’entreprise Jenniver de Longroy a été liquidée par le tribunal de commerce de Dieppe le 17 octobre dernier, laissant 85 salariés, en majorité des femmes sans emploi. La série s’est poursuivie le 12 décembre par la liquidation judiciaire des mouleries, Normov à Longroy et B.M.V à Bouttencourt prononcée par le tribunal de commerce de Saint-Etienne. Elles appartenaient au groupe Diverre, basé près de Lyon. Une trentaine de personnes se sont retrouvées sans travail.

Deux reprises refusées par le tribunal de commerce

Six anciens salariés de Normouv et de B.M.V (Glangy Moule Verre) ont reçu déjà une promesse d’embauche de la part de Stéphane Franconville, PDG de Méca Glass Group, qui rassemble trois entreprises et 90 employés dans la vallée de la Bresle. Elles sont en majorité spécialisées dans la moulerie. Ce dernier évoque un véritable gâchis : «Nous étions deux repreneurs locaux. J’avais proposé la sauvegarde d’une dizaine de salariés et la promesse de réembauches durant 24 mois si l’activité revenait. J’ai fait une offre sur l’achat du matériel, avec cout de la remise en état. J’avais apporté les financements mais le tribunal a préféré fermer les deux entreprises. Il a estimé que la vente du matériel rapportera plus d’argent. Normov était la plus vieille moulerie de la vallées de la Bresle. Elle était labellisée entreprise du patrimoine vivant. Je suis très en colère de cette décision de nous avoir empêché de faire perdurer cette belle histoire».

Stéphane Franconville est également président de la Glass Vallée, qui regroupe 65 adhérents et environ 7 500 salariés. C’est en effet le premier pôle mondial du flaconnage de luxe, avec 75% de la production. Il annonce l’organisation, en collaboration avec les agences France Travail du Tréport et de Friville-Escarbotin, d’un job dating à la salle des fêtes de Longroy le 27 janvier prochain de 9 heures à 13 heures.

Une douzaine de recruteurs attendus 

Une douzaine de recruteurs de la Glass Vallée sont attendus. Les deux premières heures seront dédiées aux anciens salariés de Jenniver : «Nous avons les moyens de reclasser tous ceux qui veulent continuer de travailler dans le secteur, précise t-il. Ce sont la grande majorité. Il y aura plus d’offres que de personnes qui recherchent un emploi. Personne ne restera sur le carreau

L’année 2025 a été compliquée pour le secteur de la verrerie avec des baisses d’activités considérables de l’ordre de 11 à 20% qui ont créé des tensions sur les trésoreries, mais pour Stéphane Franconville, ces trois fermetures sont plus liées à des « problèmes de gestion. Nous connaissons une crise. Ce sont les entreprises les plus fragiles, celles qui n’ont pas effectué de réinvestissement dans du matériel ou l’ont mal entretenu qui sont touchées en premier», développe t-il.

Pour lui, il est essentiel que les sous-traitants sachent se défendre face aux donneurs d’ordre : «Travailler avec un seul client, comme Jenniver pour Verescence, c’est risqué. Surtout quand l’activité est moindre et qu’à cela s’ajoute des problèmes sociaux internes pour le sous-traitant. Il est impératif de se diversifier», appuie t-il.

À l’aube de l’année 2026, il observe un certain attentisme : «La confiance n’a pas été trop impactée, poursuit-il. Nous avons sollicité nos membres pour recueillir leurs sentiments. Globalement, ils sont inquiets du manque de visibilité. Toutefois, même si personne n’est capable de prédire l’avenir, il y a un espoir de reprise».