Grèce: démission du chef de l'aviation civile après une panne majeure dans l'espace aérien
Le chef de l'aviation civile grecque a démissionné mercredi après une récente panne majeure à l'aéroport d'Athènes provoquée par des systèmes de communication obsolètes et qui a conduit à la fermeture...
Le chef de l'aviation civile grecque a démissionné mercredi après une récente panne majeure à l'aéroport d'Athènes provoquée par des systèmes de communication obsolètes et qui a conduit à la fermeture de l'espace aérien grec durant plusieurs heures.
Le dirigeant de l'Autorité de l'aviation civile (YPA) "Georges Saounatsos a soumis sa démission au ministre des Transports et des Infrastructures, Christos Dimas", a indiqué le ministère dans un bref communiqué, dix jours après un dysfonctionnement technique "sans précédent".
Ce départ intervient alors qu'une commission d'enquête, chargée en urgence de faire la lumière sur cette vaste panne, a mis en cause "une technologie obsolète" à l'aéroport international Eleftherios Venizelos d'Athènes, qui bat des records annuels de fréquentation en raison du boom du tourisme en Grèce.
"Le système actuel de communications vocales (...) ainsi que les infrastructures de télécommunications critiques (...) reposent sur une technologie obsolète", a souligné cette commission qui comprenait notamment un représentant de l'Organisation européenne pour la sécurité de la navigation aérienne (EUROCONTROL).
A l'aéroport d'Athènes, des milliers de passagers avaient vu leur vol annulé ou retardé le 4 janvier, en cette période chargée du Nouvel an et de l'Epiphanie.
De nombreux avions avaient été déroutés vers des aéroports des pays voisins et l'espace aérien grec fermé durant quelques heures.
Tous les aéroports du pays avaient été touchés.
Selon l'YPA, la défaillance, qualifiée de "sans précédent", avait commencé à 08h59 heure locale (06H59 GMT) le dimanche 4 janvier lorsque de multiples fréquences desservant l'espace aérien d'Athènes avaient été couvertes par des interférences continues.
Les émetteurs avaient commencé à envoyer des "émissions de signal involontaires", selon la YPA, provoquant des bruits parasites continus.
La commission d'enquête n'a détecté "aucun indice de cyberattaque ni d'interférence malveillante externe", selon son rapport rendu public mardi soir.
Des responsables ont assuré que la sécurité des vols n'avait pas été compromise tandis que la commission d'enquête a classé "l'incident comme présentant un faible niveau de risque".
"Des centaines de vols ont été directement affectés: ceux en contact avec le contrôle aérien (d'Athènes) ou en vol et qui ont modifié leur trajectoire", avait expliqué à l'AFP Foivos Kaperonis, membre du conseil de l'Association grecque des contrôleurs aériens (EEEK), avant la publication des conclusions de la commission d'enquête.
"Les contrôleurs aériens pouvaient voir les appareils sur l'écran radar mais ils ne pouvaient ni entendre les pilotes, ni leur parler", avait-il souligné.
"Si deux avions avaient été sur une même trajectoire de collision, les contrôleurs n'auraient pas été en mesure de leur donner des instructions", avait ajouté M. Kaperonis.
L'aéroport international d'Athènes doit se doter de nouvelles technologies de communication, prône la commission d'enquête.
Elle insiste ainsi sur la nécessaire "accélération de la transition vers la technologie VoIP (Voice over IP), l'achèvement des procédures de fourniture, d'installation et de mise en service opérationnelle du nouveau système VCS/RCS (Voice Communication System/Radio Communication System) ainsi que (l'installation) des 495 nouveaux émetteurs-récepteurs".
Une vaste rénovation des infrastructures, d'un coût de 300 millions d'euros est actuellement en cours comprenant des émetteurs numériques qui seront livrés cette année.
Mais les contrôleurs aériens sont vent debout depuis cette panne.
"Le rapport met clairement en évidence un chaos administratif, un retard de plusieurs heures dans le diagnostic de la cause et une absence de coopération entre les différents responsables de la direction" de l'Aviation civile, a dénoncé l'EEEK dans un communiqué au vitriol.
Après cette panne, le ministre adjoint des Transports, Konstantinos Kyranakis, avait reconnu, contrit, que les systèmes de communication de l'aéroport auraient dû être modernisés "il y a des décennies".
Le système radar de l'aéroport d'Athènes a été installé en 1999.
La Commission européenne a d'ailleurs saisi la Cour de justice de l'Union européenne, reprochant à la Grèce de ne pas avoir mis en place, depuis 2020, les mesures nécessaires visant à concevoir des procédures de navigation fondée sur la performance (PBN).
L’aéroport international d’Athènes a accueilli l'an dernier près de 34 millions de passagers, soit une hausse de 6,7% par rapport à l’année précédente.
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