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L'Education nationale "commence à prendre en compte" la menace masculiniste

L'Education nationale va prendre en considération le masculinisme, a assuré jeudi une représentante du ministère, indiquant mener une "politique volontariste de réponse au sexisme et...
Le ministre de l'Education Edouard Geffray en déplacement dans un collège de Barentin (Seine-Maritime), sur le thème du harcèlement scolaire, le 6 novembre 2025 © Lou BENOIST

Le ministre de l'Education Edouard Geffray en déplacement dans un collège de Barentin (Seine-Maritime), sur le thème du harcèlement scolaire, le 6 novembre 2025 © Lou BENOIST

L'Education nationale va prendre en considération le masculinisme, a assuré jeudi une représentante du ministère, indiquant mener une "politique volontariste de réponse au sexisme et aux violences sexistes et sexuelles".

"On commence à le prendre en compte", a assuré Anne Padier Savouroux, sous-directrice des parcours éducatifs à la Direction générale de l’enseignement scolaire (Dgesco), auditionnée au Sénat par la délégation aux droits des femmes.

"On ne réécrit pas les programmes à chaque fois. Par contre, on met en place des livrets d'accompagnement dans lesquels on le décline" pour les enseignants, s'est-t-elle défendue après que des représentants d'associations ont affirmé, dans le cadre de la même audition, que le terme masculinisme n'apparaissait pas dans les programmes.

Apparu dans les années 1980 en réaction au féminisme, le masculinisme défend la suprématie masculine et accuse les femmes d'être à l'origine d'une dégradation des conditions de vie des hommes. 

Début février, le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a fait état d'une "montée en puissance" d'une menace "masculiniste, organisée et décomplexée" en France, assurant que cette mouvance était suivie de près par les services de renseignement français.

La question du masculinisme est "relativement récente" pour le ministère, et est "entrée dans l'institution par le biais de la prévention de la radicalisation", selon Mme Savouroux.

"Les constats de la montée en puissance des discours masculinistes font écho à ce qui est observé dans l'institution scolaire en terme de victimation à caractère sexiste et sexuel", a-t-elle poursuivi. "L'adolescence constitue un véritable point de bascule et les filles deviennent alors principales victimes des violences sexistes et sexuelles."

Selon elle, le ministère mène "une politique volontariste de réponse au sexisme et aux violences sexistes et sexuelles", notamment avec les programmes d'éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle (Evars), obligatoire depuis 2001.

Contesté par une partie de la droite et les milieux conservateurs, un nouveau programme Evars est entré en vigueur en septembre 2025. D'ici la fin de l'année scolaire, tous les établissements devront avoir organisé trois séances des Evars pour tous les élèves.

En janvier, le ministre de l'Education Edouard Geffray avait fourni un premier bilan concernant son application, faisant état de "66% des écoliers, 48% des collégiens et 35% des lycéens" ayant bénéficié d'au moins une séance au 31 décembre 2025.

L'Etat, poursuivi par des associations, a été condamné en décembre 2025 à un euro symbolique pour avoir tardé, jusqu'en février 2025, à organiser les séances d'information et d'éducation à la sexualité à l'école.