L’implantation au Creusot de l'unité de production d'AM-COE répond à une stratégie de proximité avec des clients majeurs comme Safran et Turbine Casting. Le dirigeant de l'entreprise, Dr Ehsan Sabet, a privilégié le territoire bourguignon à la région parisienne en raison de la densité de son écosystème industriel et de ses capacités de recherche. Ce projet, dont le chantier débutera fin 2026, s'étendra sur une surface finale de 3 000 m². L'investissement global de 7 millions d'euros est soutenu par la Communauté Urbaine Creusot Montceau, qui a accompagné les démarches techniques et foncières depuis les premiers échanges entamés en 2025. Le site se concentrera sur la fabrication additive de pièces complexes par couches de 0,05 millimètre, une précision destinée aux secteurs de l'aéronautique et de l'énergie.
Diversification et créations d'emplois
Le développement de l'usine est planifié en trois phases distinctes pour accompagner la croissance de l'activité. Dans un premier temps, l'entreprise prévoit la création de 23 postes qualifiés dès 2027 pour lancer la production de céramique technique. À l'horizon de quatre à cinq ans, les effectifs devraient atteindre 60 salariés. Cette montée en charge correspondra à la mise en œuvre de la troisième phase du projet : la production de batteries semi-conductrices dédiées au stockage de l’électricité. Cette diversification vise notamment à répondre aux besoins de partenaires comme EDF ou de nouvelles entreprises locales comme Jimmy. Ce transfert de savoir-faire britannique s'inscrit dans une volonté de la collectivité de renforcer son ouverture internationale et sa spécialisation dans les matériaux avancés.
Un renouveau de l'attractivité territoriale
Cette décision d'implantation illustre le regain d'attractivité des bassins industriels français au cœur de la stratégie nationale de réindustrialisation. En misant sur des infrastructures spécialisées et un accompagnement local réactif, ces territoires parviennent à capter des investissements étrangers de haute technologie qui privilégiaient autrefois les grandes métropoles. Le choix du Creusot démontre que la compétitivité repose désormais sur la présence de filières intégrées, mêlant recherche universitaire et outils de production modernes. Ce mouvement de relocalisation industrielle favorise le développement de circuits courts pour les composants stratégiques, renforçant ainsi la souveraineté technologique du pays dans des secteurs de pointe comme la fabrication additive et le stockage d'énergie.