Alexis Martinot évolue dans le secteur financier depuis près de 15 ans en tant que conseiller en gestion de patrimoine. Olivier Cavadenti, titulaire d’un doctorat en intelligence artificielle, est quant à lui un chercheur spécialisé en science des données. Ensemble, ils ont fondé en 2025 la startup Intellectuality, basée à Dijon. «Nous nous sommes rencontrés à la faculté, alors que nous faisions partie du conseil d’administration d’une association étudiante. Nous sommes restés en contact depuis», explique Alexis Martinot. Il poursuit : «Mon métier dans la finance était devenu de plus en plus complexe, notamment en raison du poids de l’administratif et de la réglementation. Je cherchais des solutions pour alléger le quotidien des professionnels, et l’IA générative s’est imposée comme une évidence».
Au départ, les deux associés ambitionnaient de développer des outils facilitant la collecte et la compréhension des documents, ainsi que l’analyse des données clients. «Nous voulions également un logiciel capable de compléter automatiquement les documents administratifs», ajoute Olivier Cavadenti. Un objectif atteint, qui les a rapidement conduits à envisager des perspectives de développement plus larges.
Constamment évoluer
«En tant qu’entreprise technologique, nous restons en veille permanente sur un écosystème en évolution rapide, qui ouvre sans cesse de nouvelles possibilités», résume Alexis Martinot. À titre d’exemple, la startup Intellectuality a indexé l’ensemble des lois françaises, tous domaines confondus, afin de constituer une base de données interrogeable par les professionnels. Objectif : leur permettre de conseiller au mieux leurs clients en fonction de leur profil. Le conseiller en gestion de patrimoine cite notamment la récente loi Jeanbrun, dispositif fiscal visant à relancer la dynamique immobilière. «L’intelligence artificielle est capable de proposer des cas concrets et d’identifier, à partir de la base de données, quels clients sont susceptibles d’en bénéficier», explique-t-il.
Mais si l’intelligence artificielle contribue au conseil, quelle reste la valeur ajoutée du professionnel ? «Notre priorité est de renouer avec le conseil et de replacer l’humain au cœur de la relation client. L’IA ne dispose pas des informations issues des échanges, ni de la connaissance fine des projets de vie. Seuls les conseillers peuvent intégrer l’ensemble de ces éléments pour délivrer un accompagnement sur mesure», souligne Alexis Martinot. Selon lui, les conseillers patrimoniaux et bancaires manquent aujourd’hui de temps pour assurer ce suivi auprès de tous leurs clients. «L’intelligence artificielle peut justement leur permettre de retrouver ce temps essentiel».
Des outils pour toutes les situations
Intellectuality commercialise déjà plusieurs outils comme Patrimind, une plateforme dédiée aux professionnels du conseil capable de récupérer les données clients, d’analyser les dossiers et de proposer des scénarios de placements. Numexia fait quant à lui de l’analyse financière, comptable pour les entreprises. «Les professionnels peuvent en extraire des recommandations de développement».
La startup imagine déjà d’autres solutions tant sur la partie courtage que sur l’assurance ou la prévoyance. «Nous équipons les professionnels, mais nous aimerions que dans le futur, chacun ait accès à du conseil pour répondre au manque d’éducation financière du grand public». Intellectuality se tourne aussi vers l’international, que ce soit les Etats-Unis ou le Japon.
Pour Aletheia Press, Nadège Hubert