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L’industrie ouvre ses portes au grand public

Plus de 500 sites industriels ont ouvert leurs portes les 20 et 21 mars, partout en France, à l’occasion des Journées usines ouvertes, une initiative nationale portée par la Société des ingénieurs Arts et Métiers. Objectif, renforcer l’attractivité et le rayonnement de l’industrie française.


© Adobe Stock.

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Quelque 25 000 visiteurs étaient attendus pour la 2e édition des Journées usines ouvertes les 20 et 21 mars. Pendant deux jours, plus de 500 usines du territoire ont ouvert leurs portes pour faire découvrir leur savoir-faire, la diversité et la richesse des métiers industriels et les coulisses de sites habituellement fermés au public. L’événement changeait d’échelle après une première édition ayant rassemblé 240 usines et 20 000 visiteurs, dont 10 000 jeunes. Pour accompagner cette montée en puissance, la Société des ingénieurs Arts et métiers*, organisatrice de ces journées, s’est entourée de tout un panel de partenaires -ministères de l’Industrie, de l’Éducation nationale, l’UIMM, Bpifrance ou encore France Travail. «A l’instar des journées du patrimoine, nous avons souhaité faire des journées usines ouvertes», explique Stéphane Gorce, président de la Société des ingénieurs Arts et Métiers.

Seuls 8% des Français recommanderaient le secteur industriel à leurs proches

Les objectifs de cette manifestation ? Casser les clichés persistants, faire découvrir l’industrie telle qu’elle est aujourd’hui : innovante, technologique, responsable et créatrice d’emplois, et susciter des vocations. « Nous nous sommes rendu compte, à travers une enquête menée avec l’Ifop, que les Français n’avaient pas forcément une image juste de l’industrie, souvent vue comme ancienne ou vieillotte. Or l’industrie française, c’est de la haute technologie, des robots, de l’IA, et des métiers pour les hommes comme pour les femmes », justifie Stéphane Gorce. Ainsi, alors que 75 % des Français reconnaissent le rôle stratégique de l’industrie, seuls 8 % recommanderaient ce secteur à leurs proches**. Pour Stéphane Gorce, «redonner envie d’industrie passe par la rencontre et la pédagogie».

En ouvrant les portes des usines, l’objectif est de montrer l’industrie française telle qu’elle est aujourd’hui, «vivante, innovante et profondément utile à notre avenir collectif». Le président de la Société des ingénieurs Arts et Métiers insiste aussi sur la nécessité d’attirer les jeunes, et en particulier les jeunes femmes, vers les filières scientifiques et techniques. Même constat du côté de Laure Lechertier, directrice des affaires publiques, de l’accès au marché, de la RSE et de la communication d’Upsa qui a participé pour la première fois à ces journées. Selon elle, beaucoup de personnes gardent de l’industrie une vision « poussiéreuse et datée », alors qu’il s’agit d’un secteur « qui innove, mobilise des hautes technologies et qui est à la pointe de la qualité ». D’où, à ses yeux, l’importance de le faire savoir : «il faut que les gens comprennent», et c’est en voyant concrètement les sites et les activités qu’ils peuvent réellement s’en faire une idée. Dans un contexte où de nombreuses initiatives visent à lutter contre la désindustrialisation et à promouvoir l’industrie en France, elle juge important de pouvoir donner une image concrète des 250 métiers d’Upsa. «Nous voulons montrer que nous contribuons à la souveraineté sanitaire et que nous portons un engagement fort en faveur du made in France.» Alors que, selon Thierry Lartisant, directeur Industrie pour le territoire Nord-Est de Colas, «la plupart des citoyens connaissent mal l’industrie», l’enjeu est ainsi de «casser les préjugés et les stéréotypes» attachés au secteur, et de rappeler que ces métiers sont pleinement dans l’air du temps, avec une informatisation et une digitalisation qui touchent tous les postes et une haute technicité.

Colas a accueilli plus de 350 visiteurs sur neuf sites

Ces journées portes ouvertes visent ainsi à retisser le lien entre les Français, leur industrie et leurs territoires. L’événement met également en lumière le rôle structurant des sites industriels dans l’aménagement du territoire : création d’emplois, dynamisme économique, innovation et transition industrielle. Pour Colas, filiale du groupe Bouygues, qui a accueilli plus de 350 visiteurs sur neuf de ses sites français, dont de nombreux lycéens, étudiants en BTS TP et demandeurs d’emploi adressés par France Travail ou par les missions locales, l’événement est une occasion de s’ouvrir sur l’extérieur et de faire découvrir les spécificités de ses métiers à travers des visites en groupes de 15 à 20 personnes, mêlant présentation de l’entreprise, visite guidée et échanges avec les équipes. Pour Thierry Lartisant, lui-même ancien Gadzart, c’est ainsi «une bonne occasion de présenter des métiers encore méconnus du grand public et de montrer qu’il existe des postes intéressants à pourvoir». C’est aussi une occasion «de nous faire connaître, de créer des vocations, faire rêver les jeunes et leur donner une belle image de l’industrie».

L’événement permet aussi de montrer que ces métiers intègrent les enjeux environnementaux, un sujet auquel les jeunes sont particulièrement sensibles. «Dans l’inconscient collectif, nous sommes souvent considérés comme des pollueurs, alors que notre objectif permanent est d’être respectueux de l’environnement». C’est également le but poursuivi par Upsa : «faire aimer aux jeunes les métiers de l’industrie et leur permettre d’avoir un déclic et susciter des vocations».

Thierry Lartisant souligne enfin l’intérêt de cette démarche pour les collaborateurs, fiers de présenter leur activité, leurs métiers et leur parcours, et d’échanger avec le public. Une manière, dit-il, de les mettre en valeur. Chez Upsa, aussi, on y voit un moyen de reconnaître le travail des équipes.

* Fondée en 1846, la Société des ingénieurs Arts et Métiers regroupe 62 000 Ingénieurs « Gadzarts », dont 31 000 membres diplômés de l’École nationale supérieure d’Arts et Métiers (ENSAM)

**Observatoire Arts et métiers des industries responsables – Ifop 2025