Sauvegarder l'article
Identifiez vous, pour sauvegarder ce article et le consulter plus tard !

Conjoncture

L’Ordre des experts-comptables du Grand Est souligne une certaine résistance du tissu économique, jusqu’à quand ?

L’Ordre des experts-comptables du Grand Est vient de décrypter les tendances et la conjoncture des acteurs économiques de la région en se basant sur les données locales et consolidées du 3e trimestre 2025. Dans un contexte général mouvementé, des signaux de résistance sont présents. Le Grand Est apparaît parmi les régions les plus résilientes dans certains secteurs et bassins d’activité. Jusqu’à quand ?

© Emmanuel Varrier. «La région apparaît plus résiliente, c’est positif mais il ne faut pas être naïf. « Il faut un cap clair pour permettre aux entreprises de se projeter», assure Catherine Hanssen, la présidente de l’Ordre des experts-comptables du Grand Est.
© Emmanuel Varrier. «La région apparaît plus résiliente, c’est positif mais il ne faut pas être naïf. « Il faut un cap clair pour permettre aux entreprises de se projeter», assure Catherine Hanssen, la présidente de l’Ordre des experts-comptables du Grand Est.

«Il nous faut un cap clair pour permettre aux entreprises de se projeter ! Aujourd’hui dans un contexte tendu, on constate un léger rebond au troisième trimestre dans le Grand Est. La région apparaît plus résiliente, c’est positif mais il ne faut pas être naïf. Sans cap clair, cette situation ne devrait pas se reporter sur 2026. La confiance est l’essence même de notre économie !»

C’est ainsi que Catherine Hanssen, la présidente de l’Ordre des experts-comptables du Grand Est résume la prise de température opérée le 24 novembre à l’occasion d’une conférence de presse au siège strasbourgeois de l’Ordre des experts-comptables du Grand Est sur la situation économique des entreprises régionales.

Une première que cette analyse macro-économique opérée par les professionnels du Chiffre se basant sur les données locales et consolidée du 3e trimestre 2025, directement extraites des déclarations de TVA pour le compte des entreprises.

Avec plus de 41 000 TPE et PME réparties sur dix départements, le Grand Est s’appuie sur un socle entrepreneurial diversifié, combinant industrie, commerce de proximité, constructions et services. Ces entreprises de petite taille (le plus souvent moins de dix salariés) sont fortement exposées aux variations de coûts et à la pression sur les marges.

«Malgré un contexte économique national dégradé, l’indice ICA (chiffre d’affaires trimestriel) progresse de +0,4% au 3e trimestre 2025 à période équivalente en 2024. Ce léger rebond intervient après trois trimestres consécutifs de baisse. Sur les neuf premiers mois de l’année le chiffre d’affaires cumulé (ICAC) demeure cependant en retrait de 0,4% ce qui reste supérieur à la moyenne nationale de -0,7%», note la présidente de l’Ordre des experts-comptables du Grand Est.

Dans l’ensemble du troisième trimestre, l’activité dans la région se tasse mais demeure croissante notamment dans trois départements : la Haute-Marne (+2,5%), la Marne (+1,6%) et les Vosges (+1,5%). La Moselle stagne à 0,2% tout comme la Meuse (à 0%) et l’Aube (0,3%). Le Haut-Rhin et le Bas-Rhin affiche respectivement 0,6% et 0,4%. La Meurthe-et-Moselle affiche, elle, une baisse de -0,3%. Les Ardennes sont le département où la baisse d’activité est la plus importante avec -2,7%.

Avec une moyenne de -0,4% de chiffre d’affaires depuis le début de l’année, la région reste dans le top 5 des régions hexagonales derrière la Bretagne (0,8%), la Normandie (0%), les Hauts-France (-0,1%) et la Bourgogne Franche-Comté (-0,2%).

Fortes disparités

Cette relative résilience annoncée est loin d’être généralisée et des disparités flagrantes sont présente dans les dynamiques sectorielles. Le commerce d’habillement spécialisé voit son CA cumulé chuté de -5,6% tout comme la restauration traditionnelle (-4%), l’hôtellerie (-2,7%). Certains secteurs résistent, un peu mieux. L’activité stagne en boulangerie-pâtisserie (+0,2%). Les bouchers-traiteurs, eux, voient leur CA cumulé augmenté de +1,6 % porté par la hausse des prix.

Un état de fait qui se retrouve dans les chiffres des défaillances d’entreprises. Avec 907 défaillances au troisième trimestre 2025, la région enregistre un léger recul de -0,4% par rapport au troisième trimestre 2024 à contre-courant de la tendance nationale haussière (+5,2% avec 14 371 défaillances dont 67,7 % de liquidations judiciaires. Le Grand Est fait partie des rares régions en amélioration avec la Bretagne et la Provence-Alpes-Côte d’Azur. «C’est un maintien fragile, les TPE restent vulnérables et doivent être soutenues.»

Reste que des hausses fortes subsistent dans certains départements, à l’image des Vosges, tandis que le Bas-Rhin, le Haut-Rhin et la Meurthe-et-Moselle contribuent au léger replis régional.

Le Grand Est apparaît donc mieux absorber le choc conjoncturel. L’attention demeure de mise pour éviter un rattrapage l’an prochain.