Dossier

La Dijonnaise Chloé Ploncard fait rimer cicatrices avec résilience

La vie de Chloé Ploncard a été marquée par de lourds problèmes de santé. Une expérience sur laquelle elle s'appuie pour accompagner celles et ceux qui, comme elle, doivent vivre avec des cicatrices et les accepter pour se reconstruire. 

Marquée par des problèmes de santé, Chloé Ploncard a décidé d’apporter son expérience et les compétences acquises en formation pour aider ceux qui ont traversé des parcours semblables à se reconstruire. © Aletheia Press / Nadège Hubert

Marquée par des problèmes de santé, Chloé Ploncard a décidé d’apporter son expérience et les compétences acquises en formation pour aider ceux qui ont traversé des parcours semblables à se reconstruire. © Aletheia Press / Nadège Hubert

Conférencière, podcasteuse et artiste. La Dijonnaise Chloé Ploncard a une vie riche. Mais, à travers ses activités professionnelles, la jeune femme de 37 ans veut surtout transformer son lourd parcours médical en outil de résilience pour les autres. Une vocation qui trouve ses origines dans son enfance. Sa première rencontre avec le milieu hospitalier a lieu lorsqu'elle a trois ans à peine. Elle subit alors une greffe de foie. A six ans, les médecins lui diagnostiquent un lymphome qui la conduit en chimiothérapie. «Je me suis construite à l’hôpital où j’ai suivi une partie de ma scolarité. Des aller-retours réguliers en soin ont généré des difficultés d’apprentissage» explique la jeune femme.

Après son brevet, Chloé Ploncard enchaîne avec un BEP carrière sanitaire et sociale déjà désireuse de venir en aide aux autres. En 2007, elle souhaite suivre une formation d’éducatrice. Mais elle est freinée dans son projet par un nouveau lymphome de stade quatre. Le cancer ne la décourage pas puisqu’en 2015, elle obtiendra son diplôme. «C’était difficile. Il y avait le brouillard cérébral, j’ai dû réapprendre à réfléchir après plusieurs années coupée de l'enseignement» se souvient-elle. Après une première expérience professionnelle qui ne tournera pas comme elle l’espérait, elle décide de créer sa propre activité et de travailler à son rythme. «Il me restait à trouver ce que j’allais faire» commente-t-elle.

Se réapproprier son corps

À l'époque, elle pose comme modèle pour des photographes à la recherche de profils atypiques. La singularité de Chloé Ploncard réside dans ses cicatrices. «J'ai ainsi côtoyé l’univers de la création qui me plaisait et cela m’a amenée à enrichir mon parcours d’une formation en maquillage beauté». Cette activité lui amène des femmes avec des parcours semblables au sien, marquées par la vie et un déficit de confiance en elles. «Les aider m’a aidée à me reconstruire aussi» ajoute la Dijonnaise.

Pour aller plus loin dans cette démarche, elle se fait accompagner par le pôle d’économie sociale et solidaire pour créer des activités variées spécifiquement tournées vers les personnes ayant des cicatrices. Pour y arriver, elle s’appuie sur sa propre expérience mais aussi sur les enseignements de son BEP aussi bien qu’en formation d’éducatrice où la psychologie est notamment abordée.

L’art comme thérapie

Avec des ateliers collectifs ou individuels, Chloé Ploncard aide ces personnes autour de différents outils. «La photo permet de se voir autrement. Elle amène aussi à faire confiance au photographe qui porte un autre regard sur le corps et les cicatrices». La jeune femme a également recours à la danse pour mettre en avant le «ressenti corporel». À travers les mouvements, la personne découvre les spécificités de son corps tout en acceptant, la encore, le regard des autres. «J’utilise également le toucher de soi à soi. Quand on se lave, on ne prend pas le temps de sentir son corps. Avec de la peinture corporelle ou de l’argile, on perçoit des sensations différentes» remarque-t-elle.

Le 26 septembre prochain, Chloé Ploncard partagera une nouvelle fois son expérience au cours d’une conférence à Chagny dans le cadre de la journée du bien-vivre et de la santé mentale organisée par le CCAS local. Dans l’attente, la jeune femme poursuivra la réalisation de son podcast, Cicatrices, où des accidentés de la vie racontent leur rapport à leur corps. Dix-sept épisodes sont déjà disponibles. «Ces enregistrements participent aussi du travail de reconstruction. La parole libère» rappelle Chloé Ploncard.

Pour Aletheia Press, Nadège Hubert