Interview
Formation

«La même vision de la coopération territoriale»

Quelques jours après avoir officialisé le partenariat avec la CCI Grand Nancy Métropole Meurthe-et-Moselle et son entrée au capital de la filiale CCI Formation EESC (École d’enseignement supérieur consulaire), rencontre avec Richard Papazoglou, le président de la CCI Meuse Haute-Marne.

© Laurence Deleau. «Notre ambition est de reproposer une offre de formation qui soit en lien avec notre modèle économique», confie Richard Papazoglou, le président de la CCI 55-52.

© Laurence Deleau. «Notre ambition est de reproposer une offre de formation qui soit en lien avec notre modèle économique», confie Richard Papazoglou, le président de la CCI 55-52.

Les Tablettes Lorraines : Dans quel contexte s’est passé le rapprochement avec la CCI Grand Nancy Métropole Meurthe-et-Moselle ?

Richard Papazoglou : C’est en lien avec notre plan stratégique adopté à la fin de l’année 2024, dans lequel nous avons défini pour la période 2025-2031, trois piliers d’action, dont la formation. L’idée est de pouvoir répondre aux besoins en compétences de nos entreprises, notamment avec des échéances telles que le projet Cigéo (Centre de stockage profond de déchets radioactifs à Bure), puisque la déclaration d’autorisation de création est attendue fin 2027. Nous devons préparer le territoire. La question de la formation est aujourd’hui incontournable, d’autant plus que les CCI en France sont le premier formateur derrière l’Éducation nationale. Sauf pour notre territoire de Meuse Haute-Marne qui depuis longtemps ne gérait plus cette compétence.

Pourquoi avoir choisi d’entrer au capital de la filiale de la CCI 54 ?

Notre ambition est de reproposer une offre de formation qui soit en lien avec notre modèle économique. Plutôt que de créer un «bidule», nous avons regardé ce qui se passe dans la région consulaire et nous avons été séduits par la très belle dynamique de l’EESC. François Pélissier et moi, nous partageons la même vision et nous sommes convaincus que la clé de notre avenir passera par la coopération territoriale et non pas par la régionalisation. Actuellement, la filiale portée par la Meurthe-et-Moselle propose uniquement une formation tertiaire. Il s’agit de faire de la Meuse Haute-Marne leur nouvelle zone de chalandise et de travailler sur des formations spécifiques adaptées aux problématiques de notre territoire, dont une offre tournée vers le modulaire, puisque nous préparons l’émergence d’une filière autour de la construction modulaire en local, avec la volonté de développer un projet de chantier-école. Notre objectif est de recycler des conteneurs maritimes pour former des soudeurs et des chaudronniers. Profession, dont nous avons terriblement besoin en Meuse.

Quel est le calendrier ?

Grâce à notre choix d’entrer au capital de l’EESC, nous avons gagné du temps. Les équipes sont en train de peaufiner le projet pédagogique et nous devrions déployer une offre de formation sur le territoire à partir de septembre 2026. Ce rapprochement marque une vraie révolution.