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Interview
Exposition

La Redoute se raconte à La Piscine

C'est une première : jusqu'au 5 juillet, l'icônique Redoute expose au Musée La Piscine de Roubaix. L'occasion de retracer l'histoire de la marque presque bicentenaire à travers ses premiers catalogues, son lien étroit avec les créateurs et sa vision audacieuse du prêt-à-porter. Au détour de l'inauguration de cette exposition exceptionnelle, Sylvette Lepers, directrice des partenariats créatifs et image à La Redoute, nous a raconté cette histoire. 

Née de la révolution industrielle au XIXème siècle, la ville de Roubaix s'est façonnée une identité propre autour du textile, à l'image de La Redoute, créée en 1837 par les Pollet, une famille de filateurs. Tout a commencé dans un journal : «En 1922, il leur restait un stock de laine et pour l'écouler, ils publient une petite annonce. Et grâce à elle, tout le stock est parti. C'est le début de la vente par correspondance», nous explique Sylvette Lepers, directrice des partenariats créatifs et image à La Redoute. Cette passionnée de prêt-à-porter et de design s'est plongée dans les archives il y a un peu plus d'un an, pour en ressortir des trésors enfouis, que le public peut découvrir jusqu'au 5 juillet prochain. «Cela fait plusieurs années déjà que j'avais envie que La Redoute puisse s'exposer ; et encore plus dans cet écrin superbe qu'est La Piscine dont nous sommes voisins et avec qui nous avons évidemment tissé d'importants liens. Avec cette exposition, j'avais l'ambition de faire appel aux souvenirs de certain(e)s, et de montrer aussi au public qui passera, plus jeune, la formidable modernité de La Redoute». 

«Do It Yourself du tricot» !

Si beaucoup de régionaux connaissent l'entreprise – et encore plus les habitants de Roubaix, fier berceau du textile –, nombreux sont ceux qui ignorent qu'avant le catalogue, il y a eu celui de Pénélope. Ce «Do It Yourself du tricot» a été l'inspiration même du futur catalogue du vépéciste, qui édite son premier ouvrage en 1928. «Dans les années 1950, La Redoute commence à vendre du meuble et là encore, il faut se replacer dans l'époque : on était déjà le lifestyle et le concept-store, c'était très novateur !». Quelques années après, La Redoute invite une toute première créatrice, Emmanuelle Khanh, avec cette ambition de démocratiser la haute-couture et de la rendre accessible – un concept de «collections capsules» que la marque ne cessera jamais d'impulser avec encore aujourd'hui, des créateurs invités à chaque saison.

L'exposition sera l'occasion de découvrir celles et ceux qui se sont succédés dans les pages du catalogue : Yves-Saint-Laurent, Daniel Hechter, Jean Bousquet (fondateur de Cacharel, ndlr), Jean-Paul Gaultier, Isabelle Marant... Et de mettre en lumière aussi les photographes, designers et mannequins qui ont fait leurs armes dans les pages du catalogue (c'est par exemple le cas de Laetitia Casta). «C'est pour cela que nous avons appelé l'exposition 'La Redoute, un temps d'avance. Mode, design, publicité'. Car il y a toujours eu une audace et une envie d'innover. La longévité de cette maison parle d'elle-même : on ne vit pas 189 ans sans toujours avoir essayé d'avoir un pas de côté.»

Quatre collections capsules

En plus des 700 m2 de l'exposition, La Redoute va imprégner l'ensemble du Musée puisque le visiteur pourra découvrir des surprises dans les cabines, avec la mise en valeur de quatre créateurs, qui présenteront des collections inédites : Charles de Vilmorin qui a décliné son univers coloré et fantasque sur des tee-shirts ; le suisse Kevin Germanier qui a pris possession de 10 pièces de design uniques ; la marque Mapoésie avec une ligne life style, côté maison et enfin, Sylvette Lepers elle-même, avec sa collection «home made» : «en me plongeant dans les archives, j'ai découvert des pièces incroyables que j'ai eu envie de reproduire en les modernisant. Sept modèles seront exposés.» Un bel hommage à cette marque icônique, racontée à travers les yeux et les mains de celles et ceux qui en font un symbole du prêt-à-porter français.

Et aussi en ce moment, à La Piscine...

  • Jusqu'au au 20 septembre, L'art du motif, invitation à Minakani; l'atelier de Frédéric Bonnin, qui se décline autour de bouquets de dessins fleuris 
  • Roubaix Photo (du 6 juin au 6 septembre) avec plus d'un siècle d'images, d'usages et de regards à travers les collections de La Piscine, et du 6 juin au 6 septembre 2026, une plongée dans les photos intimistes au coeur du Roubaix de Naime Merabet.

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