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La Seine-Maritime au cœur du futur hub normand du recyclage carbone

L’opérateur du transport de gaz en Europe, NaTran, ex-GRTgaz, lance un appel à manifestation d’intérêt (AMI) pour son futur réseau de transport de CO2. Cet AMI entend évaluer les besoins des industriels du Grand Est, des Hauts-de-France de Normandie et de l’Ile de France pour confirmer l’intérêt de la création d’une telle infrastructure mutualisée au service de l'industrie.


Carole Delga, Présidente de Régions de France, et Sandrine Meunier, Directrice Générale de NaTran, ont signé le 19 septembre le renouvellement de leur partenariat pour la période 2025-2027.© Régions de France
Carole Delga, Présidente de Régions de France, et Sandrine Meunier, Directrice Générale de NaTran, ont signé le 19 septembre le renouvellement de leur partenariat pour la période 2025-2027.© Régions de France

Natran a annoncé, mi-décembre, le lancement d’un (AMI) pour son projet de transport interrégional de CO₂, baptisé DKHARBO. Destiné aux industriels, aux gestionnaires de déchets et aux acteurs de la valorisation, cet AMI vise à évaluer les besoins pour déployer une infrastructure partagée. L’objectif est de décarboner les principaux bassins d'émissions de Normandie, des Hauts-de-France, du Grand Est et de l’Île-de-France, en acheminant le CO₂ vers le port de Dunkerque, puis vers des sites de stockage en Mer du Nord.

Un réseau de 1 000 km pour transformer le bilan carbone national

Le projet prévoit le déploiement d’un réseau de canalisations d’environ 1 000 km, véritable artère de la transition énergétique dans le quart Nord-Est de la France. Avec une capacité de transport atteignant 10 millions de tonnes de CO2 par an (d’origines fossile et biogénique), l’infrastructure pourrait absorber à elle seule près de 13 % des émissions de l'industrie manufacturière française.

«Ce projet permettra à terme de transporter jusqu’à 10 millions de CO2 par an, d’origines fossiles et biogénique, soit 13% des émissions de l’industrie manufacturière française», assure NaTran.

Une démarche non-engageante pour l'avenir

Les porteurs de projets peuvent répondre à l’AMI via un formulaire en ligne disponible sur le site de NaTran, jusqu’au 28 février 2026. Cette démarche se veut non-engageante, servant de préalable essentiel à une étude de faisabilité technique approfondie. NaTran souhaite ainsi évaluer précisément les besoins du marché et confirmer l'intérêt de créer cette infrastructure mutualisée, ouverte à tous les acteurs. Ce projet stratégique s'inscrit dans une logique globale de décarbonation de l'industrie française, complétant d'autres initiatives de réduction des émissions et de valorisation du CO2 biogénique.

«La décarbonisation de l’industrie française est un enjeu central pour assurer la pérennité de nos entreprises et de préserver l’emploi et la souveraineté de notre pays. Nos équipes sont à pied d’œuvre pour développer différents réseaux CO2 afin de transporter le CO2 résiduel qui n’aura pas pu être évité par tout autre forme de décarbonation et également valoriser le CO2 biogénique. L’ambition de ce projet qui maillerait le quart Nord-Est de l’Hexagone via une infrastructure mutualisée et ouverte s’inscrit dans cette logique», explique Anthony Mazzenga, directeur du développement de NaTran.