En février dernier, Amiens a obtenu le label or «Ami des aînés» décerné par le Réseau francophone des villes amies des aînés (RFVAA). «Cela veut dire que l’ensemble des politiques publiques déployées intègrent la dimension du vieillissement de la population», résume Catherine Girard, directrice du CCAS d’Amiens. Une prise en compte qui répond à une nécessité : aujourd’hui, un habitant sur cinq est senior. Leur nombre a augmenté de 13 % en dix ans et devrait doubler d’ici 2035.
«Nous avons gagné 30 ans d’espérance de vie en un siècle. Aujourd’hui, la retraite ne veut plus dire fin de vie : on peut vivre très longtemps en bonne santé», observe Catherine Girard. Le rôle des seniors a aussi évolué : il est à la fois familial, social et économique. «Beaucoup sont bénévoles, responsables d’associations et apportent une aide précieuse à leurs proches», souligne la directrice du CCAS d’Amiens.
Une constat qui soulève des interrogations. «L’une des grandes questions est d’anticiper le vieillissement pour continuer à inclure les plus âgés dans la société et leur offrir une réelle liberté de choix en matière de logement, d’autonomie et de vie quotidienne», expose Catherine Girard. Pour cela, il est donc nécessaire d’accompagner, de former et de sensibiliser l’ensemble des porteurs de politiques publiques, à savoir les élus, les services et les partenaires.
Adapter la ville
Engagée dans la démarche "Villes amies des aînés" depuis 2022, la collectivité, en vue de sa labellisation, a d’abord invité plus de 200 seniors à participer à des groupes thématiques. Ces rencontres ont fait émerger 500 propositions pour mieux adapter la ville. Ensuite, la collectivité a été auditée sur 110 sujets tels que l’habitat, le transport, la participation citoyenne ou encore l’accès aux soins. «Favoriser l’autonomie des seniors passe par une multitude de choses, comme la présence régulière de bancs dans l’espace public, des arrêts de bus au même niveau que le bus, le portage de repas par exemple. Et il y a la question du logement», analyse Catherine Girard.
Pour accompagner les habitants à bien adapter leur habitat et à penser leur mode de vie futur, la collectivité a créé la Maison Hapi. Ce lieu ressource répertorie tous les aménagements et accessoires utiles au bien vieillir. «Il va falloir également réfléchir à la mise en place de résidences services seniors à vocation sociale, note la directrice du CCAS. Ce type de logement répond aux envies et aux besoins des personnes âgées autonomes, mais le prix est souvent un frein».
Une évolution de l’offre
En matière d’animations, Amiens a là aussi pris en compte l’évolution des seniors. En 2004, les plus de 70 ans bénéficiaient de 2 600 places pour des thés dansants, des marches, des lectures ou des ateliers de sensibilisation. Dix ans plus tard, l’offre de services comptabilisait 12 700 places pour les plus de 65 ans autour d’activités très variées comme le géocaching, l’initiation au numérique, le crossfit, des parcours urbains autour du street art ou encore le scrabble.
Durant le premier semestre 2026, 700 activités seront proposées aux seniors. «Actuellement, nous approchons des 25 000 places», indique Catherine Girard, qui insiste sur les qualités humaines des animateurs seniors. Si le label accroît la visibilité des actions de la collectivité, il l’encourage aussi à aller plus loin. «Notre objectif est d'améliorer encore nos pratiques, notamment en impliquant davantage les seniors», précise-t-elle. Mi-mars, par exemple, une quarantaine d’entre eux participeront à l’élaboration de l’offre du CCAS - l’un des plus importants de France - pour les six prochains mois.
Pour Aletheia Press, DLP