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Commerce/ En chiffres

Le e-commerce s’envole

Le e-commerce est plus que jamais ancré dans la vie des Français. Porté par la hausse des transactions en 2024, ce dynamisme s’explique aussi par le ralentissement de l’inflation qui soutient la consommation en ligne. Malgré une conjoncture économique appelant à la prudence, le secteur aborde 2025 avec plusieurs atouts.


© Creative Commons
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Toujours plus ! Les ventes en ligne, après deux années de ralentissement, franchisent un nouveau record. Lors de son Assemblée générale du 3 juillet, La Fevad, Fédération du e-commerce et de la vente à distance a levé le voile sur l’édition 2025 de son panorama annuel consacré aux chiffres clés du commerce en ligne. Les données dévoilées confirment que le e-commerce a élargi son empreinte en 2024 avec 175,3 milliards d’euros de chiffre d’affaires pour 2,6 milliards de transactions réalisées, en hausse de 10 % sur un an. Si l’inflation ralentit, la dynamique ne faiblit pas et ce sont, désormais, les volumes qui soutiennent la croissance « et non plus la seule valeur ». À ce rythme, la barre des 200 milliards d’euros devrait être franchie dès 2026, selon les projections de la Fevad.

Une progression solide

Le commerce en ligne s’impose de plus en plus dans le quotidien des Français : 41,6 millions d’entre eux ont acheté au moins une fois sur Internet en 2024 (+2,2 millions sur un an). Cela représente plus de 73% des plus de 15 ans, plaçant l‘Hexagone au-dessus de la moyenne européenne. « En 2024, la part du e-commerce dans le commerce de détail progresse à 11% », note la Fevad. Et l’acte d’achat s’intensifie : chaque cyberacheteur réalise en moyenne 62 transactions annuelles pour un budget qui grimpe à 4 216 euros.

Parmi les produits privilégiés, la mode-habillement- achats dopés par la fast fashion (Shein, Temu)-, les chaussures ou l’hygiène-beauté. Le e-commerce est perçu par les consommateurs comme un outil de choix pour dénicher rapidement le produit qui répond à leurs besoins : 83% des Français estiment qu’il facilite l’accès à une offre adaptée. Côté services, figurent en tête des commandes les séjours de vacances et les billets de transports.

Succès des achats de seconde main

Autre tendance remarquable, le recours à la seconde main s’installe dans les habitudes de consommation : plus d’un cyberacheteur sur deux a acheté un produit d’occasion l’an passé, (souvent pour des contraintes économiques), et 43% ont revendu un article en ligne, illustrant le poids croissant de l’économie circulaire. « Les articles de mode-habillement sont les plus achetés en seconde main (39%) devant les jouets, les livres et les produits techniques (19%) ». Et la dimension RSE gagne du terrain, remarque la Fédération, avec un quart des consommateurs se montrant plus enclins à écarter les marques qui ne respectent pas leurs engagements sociétaux et écologiques. De plus, 55% estiment que le e-commerce favorise la transparence (origine, composition des produits) et 75% des habitants de zones rurales y trouvent une offre indisponible localement, signe d’une contribution à l’inclusion territoriale.

IA et stratégie à l’international

La dynamique du secteur se traduit en opportunités économiques. En 2024, la France comptait 153 000 sites marchands actifs, soit une hausse de 9%, soutenant 212 000 emplois salariés (+8%), selon les chiffres de la Fevad.

Côté innovation, les entreprises du secteur s’adaptent aux évolutions digitales : en 2025, 82% d’entre elles ont déjà recours à l’intelligence artificielle générative, un taux supérieur à la moyenne nationale. L’expansion au-delà des frontières progresse elle aussi : 73% des sites français sont présents à l’international (+4% vs 2024), confirmant la priorité donnée au développement hors de France parmi les investissements stratégiques pour cette année.

À l’échelle européenne, le marché a aussi rebondi l’an passé, après l’épisode inflationniste pour atteindre 661 milliards d’euros, en hausse de 9%. Dans ce contexte, la France conserve une place solide avec 66,9 milliards d’euros de ventes de produits (+6% sur un an ) et 108,4 milliards d’euros de services (+12%).

AÏcha BAGHDAD et B.L